Cheikh Muhammed ibn 'Abdil
Wahhâb a dit dans "les six fondements" :
« L’une des conditions de l’union parfaite consiste à écouter et obéir ceux qui détiennent l’autorité, fut-ce un esclave abyssin. Le
Prophète expliqua clairement ce principe sur les divers plans de la législation. Par la suite, ce principe devint étrange pour la plupart des pseudo savants, que dire de la mise en application
de ce principe. »
Cheikh Muhammed ibn Sâlih el ‘Utheymîn a dit
:
"Les ordres du gouverneur (envers les gouvernés) sont de trois sortes
:
- Lorsqu’ils nous ordonnent ce qu’Allah nous a ordonné, à ce moment là
leur obéir est obligatoire, et ce pour deux raisons, l’ordre provient d’Allah et du gouvernement qui met en application le fait d’ordonner le convenable et d’interdire la
blâmable.
- Lorsqu’ils nous ordonnent de désobéir à Allah, à ce moment là, il
n’y a pas d’obéissance envers le gouverneur, quel qu’il soit.
- Lorsqu’ils nous ordonnent un point ne contredisant pas la religion
d’Allah, leur obéissance devient obligatoire, leur désobéir est interdit car leur obéissance découle de l’obéissance d’Allah tant qu’ils n’ordonnent pas un péché."
[1]
L’obligation d’obéir aux gouverneurs dans le Coran
Allah a dit :
« Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux qui détiennent le commandement. » [2]
L’imam Abou Dja’far Muhammed ibn Djarîr Tabary
(m.310) a donné quatre interprétations [3] sur ceux qui détiennent le commandement :
Première interprétation : Les émirs, gouverneurs. Cette interprétation a été donnée par Abou Hureyra.
Deuxième interprétation : Les gens de science. Cette interprétation a été donnée par ibn ‘Abbâs, Mudjâhid, ‘Atâ ibn Abi Rabâh, el Hassan, Abou el ‘Âliya et ibn Abi
Nadjîh.
Troisième interprétation : Les compagnons de Muhammed. Cette interprétation est un autre avis de Mudjâhid.
Quatrième interprétation : Abou Bakr et ‘Umar. Cette interprétation a été donnée par ‘Ikrama.
L’imam Ismâ’îl ibn Muhammed Taymy (m.535) a
dit :
« Obéir aux dirigeants est une obligation, cela fait partie des
traditions les plus exigées dans le Coran et la sunna. » [4]
L’obligation d’obéir aux gouverneurs dans la
sunna
Abû Hureyra rapporte que le Messager d’Allah a dit :
« Celui qui m’obéit, obéit à Allah ; et celui qui me désobéit,
désobéit à Allah. Celui qui obéit à son émir, m’obéit ; et celui qui désobéit à son émir, me désobéit. » [5]
Ibn ‘Umar rapporte que le Messager d’Allah a dit :
« Tout musulman doit écouter et obéir, bon gré mal gré, sauf si on lui
ordonne de désobéir (à Allah), auquel cas, il ne doit pas écouter ni obéir. » [6]
Anas ibn Mâlik rapporte que le Messager d’Allah a dit :
« Ecoutez et obéissez, même si on désigne pour vous commander un
esclave abyssin dont la tête ressemble à un raisin sec. » [7]
L’interdiction d’obéir aux gouverneurs ou autres dans la désobéissance
‘Ali rapporte que le Messager d’Allah a dit :
«L’obéissance ne se fait que dans le convenable.
» [8]
‘Imrân ibn Huseyn rapporte que le Messager d’Allah a dit :
« Pas d’obéissance à la créature dans la désobéissance au Créateur. » [9]
Définition de « mécréance manifeste »
‘Ubâda ibn Sâmit a dit :
« Nous avons fait allégeance au Messager d’Allah pour écouter et
obéir, dans l’aisance comme dans la gêne, qu’il s’agisse d’un acte contraignant ou facile, y compris en sacrifiant notre propre intérêt. En outre, nous avons fait allégeance pour ne pas nous
soulever contre ceux qui exercent le commandement sauf si nous voyons de leur part une mécréance manifeste à propos de laquelle nous tenons un argument d’Allah ; dire la vérité où que nous
soyons, sans craindre les reproches des censeurs. » [10]
Cheikh el ‘Utheymîn a dit qu’il y a quatre
conditions dans la parole :
« sauf si nous voyons de leur part une mécréance manifeste à propos de
laquelle nous tenons un argument d’Allah. »
« La première est la science, il faut obligatoirement avoir la science,
la suspicion à elle seule ne suffit pas et ne permet pas de se révolter contre eux. La deuxième condition est que le péché atteint le degré de la mécréance, et pas celui de la perversité. Quel
que soit le degré de perversité qu’aient atteint les gouverneurs, il ne nous est pas permis de se révolter contre eux, même s’ils boivent de l’alcool, pratiquent la fornication, et oppressent les
gens, se révolter contre eux n’est pas permis,sauf si nous voyons en eux une mécréance évidente.
La troisième condition est que la mécréance doit être évidente, c’est-à-dire claire, apparente. Ce qui prête à interprétation ne permet pas la révolte contre les gouverneurs. Supposons que nous
considérons leur acte comme de la mécréance alors qu’il se peut que ce ne soit pas le cas, ceci ne nous permet pas de nous révolter contre eux.
En revanche, si leur acte de mécréance est clair comme si l’un d’entre
eux autorisait son peuple la consommation de l’alcool, l’homosexualité, la fornication, ceci est de la mécréance évidente sans équivoque, il convient donc au peuple gouverné de l’écarter de ses
fonctions par n’importe quel moyen, même le meurtre car il a commis une mécréance évidente. La quatrième condition est la certitude avec preuves (du Coran et de la sunna) que son acte est de la
mécréance, car si la preuve n’est pas authentique, ou bien qu’elle ne conduit pas à notre déduction, dans ce cas-là se révolter contre eux n’est pas permis, car dans la révolte il y a un très
grand mal.
Donc, lorsque nous voyons une mécréance évidente, il ne nous est pas
permis de nous révolter contre eux tant que nous n’ avons pas les moyens de le déloger de ses fonctions, si nous n’avons pas les capacités, la révolte ne nous est pas permise, car il se peut
qu’en se révoltant sous cette forme qu’il en termine avec les bons et que sa domination (avec son mal) arrive à son apogée. Les conditions mentionnées doivent être réunies lors de la révolte,
dans le cas contraire ce n’est que précipitation de l’âme vers sa destruction. Où est le bienfait de se révolter contre un tel gouverneur - Ayant commis une mécréance évidente – avec des couteaux
de cuisine, alors que lui a des chars d’assauts, des machines de guerre, etc, où est le bienfait? Il n’y a aucun bienfait dans cet acte, le sens de cet acte est de mener nos âmes à leurs pertes…
» [11]
Cheikh ‘Abdel ’Azîz ibn Bâz a dit
:
« Ainsi la tentative de révolte contre le dirigeant est la cause de grande corruption et de mal, sauf si les musulmans voient d'eux une
preuve claire dont ils ont une preuve d'Allah, alors il n'y a aucun problème s'ils se révoltent contre ce dirigeant pour le renverser, s'ils ont le pouvoir (capacité) de faire ainsi. Et s’ils
n'ont pas le pouvoir de faire ainsi, alors ils ne doivent pas se révolter, ou leur révolte sera la cause d’un mal plus grand. Donc ils ne doivent pas révolter par égard pour la sécurité des gens
communs.
Et le principe de Shari'a sur lequel il y a ijma' (le consensus) est : qu'il n’est pas permis d'enlever un mal avec ce qui est un mal plus grand. [6] Plutôt il est obligatoire de prévenir le mal
en l'enlevant. Quant à la prévention du mal avec un mal plus grand, alors il n'est pas permis selon le consensus des musulmans. Ainsi, si ce groupe qui veut renverser le dirigeant qui a commis
une incrédulité claire, a le pouvoir de le renverser et de le remplacer par un gouverneur juste, sans provoquer ce qui est un mal plus grand, la corruption sur les musulmans et un mal plus grand
que ce dirigeant, alors il n'y a aucun problème. Et si cette révolte provoque une corruption plus grande, la trahison de la confiance, l'oppression des gens, l'assassinat de ceux qui ne le
méritent pas et de grands maux autres que cela, alors ce n'est pas permis. » [12]
Ibn Taymiyya (m.728) a dit :
« Ordonner le bien ne doit pas aboutir à la perte d'un plus grand
bien, ni causer un mal plus grand (qu'auparavant). De même, interdire le mal ne doit pas aboutir à un mal plus grand, ni la perte d'un plus grand bien. » [13]
L’obligation d’obéir aux gouverneurs même s’ils sont injustes et de patienter face à leurs méfaits
Abû Hureyra rapporte que le Messager d’Allah a dit :
« Tu es tenu d’écouter et d’obéir dans l’aisance comme dans l’adversité, bon gré mal gré, et même si on te lèse dans tes droits. »
[14]
Hudheyfa ibn el Yaman rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Ecoute et obéis même si on te frappe et qu’on te prend tes biens. » [15]
Abû Huneyda Wâïl ibn Hudjr rapporte que Salama ibn Yâzid el Djou’fy interrogea le Prophète en ces termes : Ô Prophète d’Allah, si nous sommes gouvernés par des émirs,
qui nous demandent ce qui leur revient de droit, et nous privent du nôtre, que nous recommandes-tu de faire ? Il se détourna de lui, mais Salama l’interrogea de nouveau. Le Messager d’Allah dit
alors : « Ecoutez et obéissez, car ils répondront de leurs péchés et vous des vôtres. » [16]
‘Umar ibn el Khattâb a dit : « S’il est injuste envers toi, patiente ; et s’il te prive patiente également. » [17]
Ibn Taymiyya a dit : « La patience face aux gouverneurs injustes est un fondement parmi les fondements d’ahl sunna wal djamâ’a. » [18]
L’interdiction de s’écarter de l’obéissance des gouverneurs :
Ibn ‘Umar rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Celui qui rompt son acte d’allégeance rencontrera Allah, le jour de la Résurrection, sans avoir une excuse, et celui
qui meurt sans avoir prêté acte d’allégeance, meurt comme au temps de la Djâhiliyyah. » [19]
L’interdiction de se révolter contre les gouverneurs :
‘Ubâda ibn Sâmit a dit : « Nous avons fait allégeance au Messager d’Allah pour écouter et obéir, dans l’aisance comme dans la gêne, qu’il s’agisse d’un acte contraignant
ou facile, y compris en sacrifiant notre propre intérêt. En outre, nous avons fait allégeance pour ne pas nous soulever contre ceux qui exercent le commandement sauf si nous voyons de leur part
une mécréance manifeste à propos de laquelle nous tenons un argument d’Allah ; dire la vérité où que nous soyons, sans craindre les reproches des censeurs. »
L’imam Ahmed ibn Hambal (m.241) a dit que fait partie de la sunna : « L’écoute et l’obéissance envers les dirigeants ainsi que le commandeur des croyants, qu’il soit bon
ou pervers. (…) Celui qui se révolte contre le guide des musulmans alors que les gens l’ont accepté et reconnu comme calife, de quelque manière que ce soit, par consentement ou par force, aura
certainement fait scission avec les musulmans et aura été à l’encontre de ce qui est rapporté du Messager d’Allah. S’il meurt dans cet état, il connaîtra une mort païenne (el Djâhiliyyah). En
outre, personne ne peut combattre le gouverneur ni se révolter contre lui. Celui qui fait cela est un innovateur qui ne suit ni la sunna, ni le droit chemin. » [20]
L’imam Hassan ibn ‘Ali el Barbahâry (m.329) a dit : « Sache que l’injustice du gouverneur ne dispense d’aucune des obligations qu’Allah a imposées par l’intermédiaire de
Son Prophète. Son injustice se retourne contre lui-même. Ton engagement et ta bonté envers lui sont complets. » [21]
L’imam ibn Batta (m.387) a mentionné que fait partie de la sunna le fait de ne pas se révolter par les armes contre les dirigeants, même s’ils commettent des
injustices.
Abû Mansûr Ma’mar ibn Ahmed el Asbahâny a dit : « Il fait partie de la sunna de se soumettre aux dirigeants et gouverneurs, en ne se révoltant pas contre eux par les
armes, même s’ils commettent de l’oppression. Les musulmans doivent écouter et obéir même s’il s’agit d’un esclave abyssin mutilé. » [22]
L’imam Abû ‘Uthmân Ismâ’îl ibn Muhammed es-Sâbûny (m.449) a dit : « Ils (les gens du hadîth) considèrent obligatoire le fait de combattre les mécréants à leurs côtés,
même s’ils sont injustes et oppresseurs, d’invoquer le bien et la réussite en leur faveur, et qu’ils répandent la justice parmi les musulmans. En revanche, ils désapprouvent la révolte armée
contre eux, même si ces derniers passent de la justice à l’oppression, au contraire, ils incitent à combattre le groupe rebelle jusqu’à ce qu’ils acceptent à nouveau d’obéir au gouverneur. »
[23]
L’imam Abû Dja’far Tahâwy a dit : « Nous condamnons tout soulèvement contre nos dirigeants et ceux qui sont à notre tête, fussent-ils oppresseurs. Nous ne faisons pas
d’invocations contre eux et ne leur désobéissons pas. Pour nous, leur obéir découle de l’obéissance d’Allah tant qu’il n’ordonne pas de péché. Enfin, nous implorons pour eux le pardon et le
salut. » [24]
Invocations en faveur des gouverneurs fait parti de la voie des salafs :
El Fudayl ibn ‘Iyâd a dit : « Si j’avais une invocation exaucée, je ne l’accorderais qu’à un dirigeant (imam), car s’il est bon, le pays et les habitants seront en
sécurité. » [25]
L’imam el Barbahâry a dit : « Si tu vois qu’un homme invoque contre le gouverneur, sache qu’il agit avec passion. En revanche, si tu vois qu’il invoque pour lui la bonne
condition, sache que c’est un partisan de la sunna, si Allah le veut. » [26]
L’imam Tahâwy a dit : « Enfin, nous implorons pour eux le pardon et le salut. » [27]
Les méfaits de se révolter contre les gouverneurs :
Hambal ibn Ishâq ibn Hambal raconte : « Lorsque el Wâthiq proclama cette opinion, frappa et emprisonna à cause de celle-ci, un groupe de Bagdad vint trouver Abû
‘Abdillah. Il y avait parmi eux Bakr ibn ‘Abdillah, Ibrâhîm ibn ‘Ali el Matbakhy, Fadl ibn ‘Âsim et d’autres. Ils demandèrent à le voir et entrèrent chez lui après que j’eusse demandé la
permission. Ils dirent alors : « Ô Abû ‘Abdillah ! L’affaire s’est répandue et s’est accentuée. Cet homme fait telle et telle chose, et a proclamé ce qu’il a proclamé. Nous le craignons en outre
pour plus que cela.
Ils lui rapportèrent qu’ibn Abi Du’âd avait décidé d’ordonner aux enseignants d’apprendre que le Coran est ainsi et ainsi.
Il leur demanda : « Que voulez vous ? »
_ Nous sommes venus te consulter dans ce que nous convoitons.
_ Et que convoitez vous donc ?
_ Nous n’acceptons plus son autorité ni sa souveraineté.
Abû ’Abdillah débattit avec eux un certain temps puis leur dit, alors que j’étais présent : « Voyez vous si cette affaire ne dure pas, ne va-t-il pas en résulter quelque
chose de répréhensible à cause de vous ? Désavouer cela de vos cœurs, mais ne rejetez pas l’obédience. Ne divisez pas les musulmans et ne faites pas couler votre sang ni celui des musulmans.
Réfléchissez aux conséquences de vos actes et ne vous empressez pas. Patientez plutôt jusqu'à ce que vienne un gouverneur bon et disparaisse l’oppresseur. »
Leur discussion fut plus longue mais je ne pus hélas tout retenir. Abû ‘Abdillah argumenta ainsi, jusqu'à ce que certains d’entre eux dirent : « Nous avons fait peur à
nos enfants .Si cette croyance se propage, ils ne connaîtront rien d’autre et le véritable islam s’effacera et disparaîtra. »
Abû ’Abdillah leur répondit : « Que non ! Allah fera triompher Sa religion et cette affaire a un Seigneur qui la secourra. L’islam est du reste puissant et invincible.
»
Ils sortirent donc de chez Abû ’Abdillah, sans qu’il ne donne son accord à quoi que ce soit de ce qu’ils projetaient. Il affirma juste l’interdiction de se révolter et
l’obligation d’écouter et d’obéir, jusqu'à ce qu’Allah délivre la communauté. Mais ils n’acceptèrent pas cela de sa part. A leur sortie, l’un d’entre eux me dit : « Viens avec moi chez untel (Ils
citèrent son nom) pour lui rendre visite au sujet d’une affaire ».
Je mentionnai cela alors à mon père qui me dit : « N’y vas pas et trouve un prétexte, car je crains qu’ils t’impliquent avec eux, et le nom d’Abû ’Abdillah sera ainsi
mentionné. »
Je m’excusai donc auprès d’eux et ne les accompagnai pas. Après leur départ, je rentrai moi ainsi que mon père chez Abû ’Abdillah. Il dit à mon père :
« O Abû Yûsuf ! Je crois que ces gens ont le cœur noyé dans leurs opinions. Nous demandons à Allah qu’Il nous accorde la paix. Nous n’avons rien à voir avec ce mal et je
veux que personne ne fasse cela. »
J’interrogeai Abû ’Abdillah : « Est-ce une bonne façon d’agir d’après toi ? »
Il répondit : « Non, cela contredit les textes traditionnels qui nous ordonnent la patience. »
Puis il continua : « Le Prophète a dit : « S’il te frappe, patiente, s’il te prive, patiente, et s’il te confie ton affaire, patiente. » ‘Abd Allah Ibn Mas’ûd rapporta
la même chose, et Abû ‘Abdillah cita d’autres paroles que je ne retins pas. » [28]
Ibn Taymiyya a dit : « Ce qui est connu dans la voie des gens de la sunna est qu’ils n’autorisent pas la révolte et le combat contre les dirigeants, même s’ils
commettent des injustices, comme le montrent les ahâdîth authentiques répandus du Prophète. Car le désordre qui découle du combat et du trouble est plus grave que celui qui provient de
l’injustice du gouverneur qui n’entraîne ni tuerie ni trouble. Ainsi il convient de repousser le plus grand des deux torts en faisant le moins grave des deux. D’ailleurs, on ne connaît
pratiquement aucun groupe qui se soit rebellé contre une autorité sans que les conséquences de sa révolte soient plus graves que le désordre qu’elle a fait disparaître. » [29]
Se révolter ou appeler à la révolte contre les gouverneurs est la voie des khawâridj :
Sheykh Sâlih el Fawzân, membre du comité permanent pour la recherche scientifique et l’iftâ d’Arabie Saoudite, a été questionné de la façon suivante :
Q : Quelle doit être notre position face à ceux qui, de nos jours, rendent mécréants les gouverneurs musulmans ? Font-ils partie des khawâridj ?
R : « Ceux qui rendent mécréants tous les gouverneursmusulmans sont pires que les khawâridj, car ils ne font aucune exception, ils ont jugé tous les gouverneurs de
mécréants, cette voie est encore plus grave que celle qu’ont empruntée les khawâridj. » [30]
Le jugement des manifestations (les salafis de l’est) :
Fatwa de l’éminent savant ‘Abd Al-‘Aziz Ibn Baz [31]
« Le bon comportement est parmi les meilleurs moyens pour que la vérité soit acceptée et le mauvais comportement est parmi les voies les plus dramatiques qui conduisent
au refus de la vérité, au désordre, à l’injustice, à l’inimitié et aux bagarres. De même, ce que font certaines personnes comme manifestations qui amènent un grand mal pour la da’wa. Les marches
dans les rues et les slogans ne sont pas une voie pour réformer la situation et la da’wa. La voie authentique passe par les visites (aux responsables), les correspondances écrites, et ceci de la
meilleure manière. Il faut conseiller le président, l’émir, le chef de la tribu de cette manière, sans brutalité ni manifestation. Le prophète est resté 13 ans à la Mecque, et il n’a pas fait de
manifestation, ni de marche et n’a pas menacé les gens de piller leurs biens ou de les tuer. Et il n’y a aucun doute que ceci est la cause d’un grand mal pour la prêche et les prêcheurs, et
empêche la da’wa de se propager, ce qui conduit les présidents et les leaders à empêcher et interdire (ces manifestations) par tous les moyens. Et ceux qui manifestent veulent le bien, mais cela
conduit au contraire. Le fait que le prêcheur emprunte la voie des prophètes et de ceux qui les ont suivis, même si cela prend du temps est meilleur qu’un acte qui nuit et gêne la da’wa et peut
même la détruire. Et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah. »
Fatwa du grand savant Ahmad An-Najmi
Dans ses observations sur le groupe des frères musulmans, remarques n°23 : l’organisation de marches et de manifestations, alors que l’islam ne reconnaît pas ces choses
et ne l’admet pas. Au contraire c’est quelque chose d’inventé, qui nous vient des mécréants. Faut-il qu’à chaque fois que les mécréants font une chose nous les suivions en cela ?
L’islam ne sera pas secouru par les marches et les manifestations, mais par le jihad bâti sur une croyance authentique, et sur la voie tracée par Muhammad ibn ‘Abdillah.
Certes les messagers et ceux qui les ont suivis ont été éprouvés de plusieurs façons, et on ne leur a ordonné que la patience. Regardez Mussa qui dit aux fils d’Israël, alors que Pharaon tue les
nouveaux-nés garçons et épargne les filles, : « Mussa dit à son peuple : cherchez secours auprès d’Allah et patientez. La terre appartient à Allah, Il la fera hériter à qui Il veut parmi Ses
serviteurs, et la bonne fin appartient aux pieux. » [32] Et regardez le messager d’Allah, qui dit à certains compagnons venus se plaindre du mal que leur font les polythéistes : « Parmi ceux qui
sont venus avant vous, on faisait venir un homme, on plaçait une scie au milieu de sa tête jusqu’à la couper en deux, et cela ne le faisait pas renier sa religion. Certes, Allah complètera cette
religion jusqu’à ce qu’un homme puisse voyager de San’a à Hadramaout (deux endroits éloignés au Yémen) en ne craignant qu’Allah et le loup pour son troupeau, mais vous vous hâtez. » Et il n’a pas
ordonné à ses compagnons de faire des manifestations ou des assassinats. [33]
Conseiller les gouverneurs :Le Prophète a dit : « Que celui qui souhaite conseiller quelqu’un ayant un certain pouvoir ne le fasse pas en public, mais qu’il le prenne
par la main et s’isole avec lui ; s’il accepte tant mieux, et s’il refuse il aura accompli son devoir. » [34]
Les gouverneurs ne sont que les reflets du peuple :
Sheykh el ‘Utheymîn a dit [35] : « On rapporte qu’un homme parmi les khawarijs est venu voir ‘Ali et lui a dit : « ô ‘Ali, comment se fait-il qu’avec toi, les gens font
ceci et cela (comme péchés) alors qu’ils ne le faisaient pas avec Abu Bakr et ‘Umar ?
Il lui dit : car les gens à l’époque d’Abu Bakr et de ‘Umar étaient comme moi, et les gens à mon époque sont comme toi ». Et cela est vrai, on rapporte que ‘Abdullah ibn
Marwan entendit des gens parler sur lui et sa façon de gouverner. Il rassembla alors les gens les plus honorables et les nobles du royaume et leur dit : « Vous voulez que je sois comme Abu bakr
et ‘Umar, alors soyez, vous, comme les gens à l’époque d’Abu Bakr et ‘Umar afin que nous soyons comme Abu Bakr et ‘Umar ». Si tu regardes les gens gouvernés par ces dirigeants (injustes) tu
verras chez eux un mal que seul Allah connaît. Au point que certaines personnes dignes de confiance sont revenues dernièrement de certains pays arabes et ont dit : « par Allah ! J’étais l’an
dernier à Londres et je n’ai pas vu les femmes autant se dévoiler (montrer leur corps, tabarruj) que dans tel pays qui est dit un pays islamique ». Qui est plus en droit de la pudeur et du voile,
nous ou les chrétiens ? Nous sommes plus en droit qu’eux de cela, et malgré tout, ce sont nos pays. Si les gens sont ainsi, comment ne seraient-ils pas dominés par ces gouverneurs (injustes).
Nous demandons à Allah qu’Il rectifie les gouverneurs et les gouvernés, et qu’Il nous préserve du mal des épreuves.
L’imam ibn Abi el ‘Izz el Hanafy a dit : « Allah nous a mis ces gouverneurs qu’à cause de nos mauvais actes, et nous n’avons que ce que nous méritons, nous devons donc
faire beaucoup d’efforts dans la demande de pardon, le repentir ainsi que dans l’amélioration de nos œuvres. » [36]
Allah a dit : « Et ainsi accordons-Nous à certains injustes l’autorité sur d’autres (injustes) à cause de ce qu’ils ont acquis. » [37]
Allah a dit : « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. » [38]