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Louange à Allâh, nous Le glorifions, nous Lui demandons Son aide et implorons Son pardon. Nous croyons en Lui, et en Lui nous plaçons notre confiance. J'atteste qu'il n'y a Nul divinité digne d'etre Adoré a part ALLAH ET Mohamed (sws) et son serviteur messager

09 Apr

Abou Ad-Darda (رضي الله عنه)

Publié par ADMIN  - Catégories :  #Les Compagnons Qu' ALLAH les agrées




Sa conversion

 


Tôt dans la matinée, Abou Ad-Darda se réveilla et alla tout droit vers son idole qu'il gardait précieusement dans le meilleur endroit de sa maison. Il la célébrait et lui était soumis. Il l'embauma du meilleur parfum ramené de sa boutique et la recouvrit d'un belle soie qu'un marchand lui avait apportée la veille du Yémen.

Quand le soleil fût haut dans le ciel, il quitta sa maison pour se rendre à sa boutique. Ce jour là, les rues et les allées de Yathrib étaient peuplées des partisans de Mouhammad qui revenaient de la bataille de Badr. Ils avaient ramenés avec eux des prisonniers de guerre. Abou ad-Darda interrogea la foule et alla vers un jeune Khazraji pour le questionner sur le sort d'Abdullah Ibn Rawahah.

"Il a été sévèrement éprouvé pendant la bataille" "mais il s'en est sorti…"

Abou Ad-Darda était très anxieux pour son cher ami, Abdullâh Ibn Rawâhah. Tout le monde à Yathrib connaissait les liens d'amitié qui unissaient ces deux hommes depuis la période de la Jâhiliyyah (ère de l'ignorance pré-islamique), avant même que l'Islam n'arrive à Yathrib. Quand l'Islam arriva dans la cité, Abdullâh Ibn Rawâhah l'embrassa et Abou Ad-Darda le rejeta. Cependant, ceci ne changea en rien l'amitié de ces deux personnes.


Abdullâh continuait à rendre visite Abou Ad-Darda et essayait de lui faire découvrir les vertus, les avantages et l'excellence de l'Islam. Mais Abou Ad-Darda persistait dans la mécréance et Abdullâh se sentait de plus en plus triste et concerné par son sort.

Abou Ad-Darda arriva à sa boutique et s'assit, les jambes croisées, sur une chaise haute. Il commença à vendre, à acheter et à donner des instructions à ses assistants sans avoir conscience de ce qui était en train de se passer chez lui. En effet, au même moment, Abdullâh Ibn Rawâhah s'était rendu chez lui dans un but bien précis. Là, il trouva l'entrée principale ouverte. Oum Ad-Darda se trouvait dans la cour quand il lui dit :
- "Paix sur toi - esclave de Dieu. "
- "Et sur toi la Paix, Ô frère d'Abou Ad-Dardâ".
- "Où est Abou Ad-Darda ?" demande-t-il.
- "Il est parti à sa boutique. Il reviendra dans peu de temps".
- "Me permets-tu d'entrer ?"
- "Fais comme chez toi" dit-elle, puis elle alla s'occuper des tâches ménagères et de ses enfants.

Abdullâh Ibn Rawâhah entra dans la pièce où Abou Ad-Darda gardait son idole. Il s'empara d'un doloire qu'il avait emmené avec lui et commença à détruire l'idole en disant : "Tout ce qui est adoré en dehors de Dieu n'est-il pas faux ?"
Quand l'idole fût complètement détruite, il quitta la maison. La femme d'Abou Ad-Darda entra dans la pièce peu de temps après et fût consternée par ce qu'elle vit. Elle frappa ses joues de terreur et dit : "Tu m'as mené à ma perte, ô Ibn Rawâhah".

Quand Abou Ad-Darda rentra chez lui, il trouva sa femme assise à la porte de la pièce où il gardait son idole. Elle pleurait à chaudes larmes et semblait complètement terrorisée.
- "Que t'arrive-t-il ?" demanda-t-il.
- "Ton frère Abdullâh Ibn Rawâhah est venu nous rendre visite en ton absence et a fait ce que tu vois à ton idole".
Abou Ad-Darda vit l'idole et fût horrifié. Il était empli de colère et déterminé à prendre sa revanche. Cependant, au bout d'un certain temps, sa colère se dissipa ainsi que son envie de venger son idole.
Il se mit à réfléchir sur ce qui s'était passé et se dit : "S'il y avait quelque bien dans cette idole, elle se serait défendue".

Il alla trouver Abdullâh et ils allèrent ensemble voir le Prophète (صلى الله عليه وسلم), puis il embrassa l'Islam. Il fût la dernière personne dans cette zone à devenir musulman.


Son perfectionnement dans l'Islâm


Depuis cet instant, Abou Ad-Darda se dévoua entièrement à la cause de l'Islam. La foi en Dieu et en son Prophète animait chaque fibre de son être. Il regrettait profondément tout ce qu'il avait fait en tant que mécréant et toutes opportunités de faire le bien qu'il n'avait pas saisies.


Il réalisait combien ses frères avaient appris du jeûne les deux ou trois années précédentes, tout ce qu'ils avaient mémorisé du Coran et toutes les occasions qu'ils avaient eu de se dévouer à Dieu et à son Prophète. Il se mit en tête de multiplier ses efforts, nuit et jour, pour essayer de rattraper tout ce qu'il avait manqué. Les actes d'adoration occupaient ses jours et ses nuits.


Sa recherche de la science était sans repos. Il passa énormément de temps à apprendre les versets du Coran et à essayer de comprendre la profondeur du message. Quand il se rendit compte que le commerce et les affaires venaient troubler ses actes d'adoration et l'empêchaient de participer aux cercles d'apprentissage, il y réduisit sa participation sans hésitation ni regret. Quelqu'un vint lui demander pourquoi il faisait tout cela et il répondit : "J'étais marchand avant de prêter serment au Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم).


Puis je suis devenu musulman, j'ai voulu combiner le commerce et l'adoration mais je n'ai pas pu atteindre ce que je désirais. Alors j'ai abandonné le commerce et je me suis tourné vers l'adoration. Par celui dont l'âme d'Abou Ad-Darda est entre ses mains, ce que je veux c'est avoir une boutique près de la porte de la mosquée afin de ne rater aucune prière en commun. Puis je vendrai et achèterai et ferai de modestes profits chaque jour. Je ne suis pas en train de dire que Dieu Le Très Haut et Le Majestueux a interdit le commerce, mais je veux être parmi ceux que ni le commerce ni les ventes ne distraient du souvenir de Dieu".

Non seulement Abou Ad-Darda participa moins au commerce, mais il abandonna également son style de vie jusque-là luxurieux. Il se contenta seulement du strict minimum et portait des vêtements simples et suffisants pour couvrir son corps.

Une fois, un groupe de musulmans vinrent passer la nuit avec lui. La nuit était assez froide. Il leur offrit une nourriture chaude qu'ils acceptèrent.

Il alla dormir mais ne leur donna aucune couverture. Ils se demandèrent avec inquiétude comment ils allaient dormir par une nuit si froide. L'un d'entre eux dit : "Je vais aller lui parler"." Ne le dérange pas", dit un autre.

Cependant, l'homme alla trouver Abou Ad-Darda et s'arrêta au pas de sa porte. Il vit Abou Ad-Darda allongé. Sa femme était assise près de lui. Ils portaient tous deux des vêtements légers qui ne pouvaient pas les protéger du froid, et ils n'avaient aucune couverture. Abou Ad-Darda dit à son invité : "Si nous avions quoi que ce soit, nous vous l'aurions donné".


Il devient calife de la Syrie


Pendant le Califat de 'Omar, ce dernier voulut nommer Abou Ad-Darda gouverneur de la Syrie mais Abou Ad-Darda refusa. 'Omar insista et Abou Ad-Darda dit : "Si tu es d'accord pour que je leur apprenne le Livre de leur Seigneur et la sounna de leur Prophète et que je prie avec eux, alors j'irai".

'Omar lui donna son accord et Abou Ad-Darda partit pour Damas. Là, il trouva des gens qui se complaisaient dans le luxe et il fût consterné. Il appela les gens à se rendre à la mosquée et leur parla : "Ô, habitants de Damas ! Vous êtes mes frères en religion, nous sommes voisins et nous nous aidons mutuellement contre les ennemis.


Ô habitants de Damas ! Qu'est-ce qui vous empêche d'avoir de l'affection pour moi et de répondre à mon conseil alors que je ne demande rien de votre part ? Je vois ceux parmi vous qui apprenaient quitter cette terre alors que les ignorants parmi vous n'apprennent pas. Je vois que vous penchez vers des choses auxquelles Dieu vous a rendu sensibles et vous délaissez ce qu'Il vous a ordonné de faire.


Je vous vois assembler et amasser ce que vous ne mangez pas, ériger des bâtiments dans lesquels vous ne vivez pas et maintenir de vains espoirs envers des choses que vous ne pouvez atteindre. Les gens avant vous ont amassé des richesses et avaient de grands espoirs.


Mais peu de temps après, tout ce qu'ils avaient amassé fût détruit, leurs espoirs s'éteignirent et leurs demeures devinrent des tombes. Tel fût le peuple des 'Ad, Ô habitants de Damas. Ils emplirent la terre de biens et d'enfants. Qui aujourd'hui m'achètera pour seulement 2 dirhams tout ce qui reste des 'Ad ?".

Les gens se mirent à pleurer et leurs pleurs se firent entendre jusqu'en dehors de la mosquée. Depuis ce jour, Abou Ad-Darda se mit à fréquenter les lieux de réunions des habitants de Damas. Il se promenait dans leurs marchés, enseignant, répondant à des questions pour essayer de secouer toute personne devenue inconsciente et insensible. Il saisissait chaque opportunité, chaque occasion pour réveiller les gens et les mener vers le droit chemin.

Une fois, il passa devant un groupe de personnes qui encerclaient un homme qu'ils commencèrent à insulter et à frapper. Il arriva et dit : "Quel est le problème ?".
- "C'est un homme qui a commis un grave péché", répondirent-ils.
- "Que pensez-vous que vous auriez fait s'il était tombé dans un puits ?" demanda Abou Ad-Darda, " N'auriez-vous pas essayé de l'en sortir ?".
- "Certainement !" dirent-ils.
- "Ne l'insultez pas et ne le frappez pas mais avertissez-le et amenez-le se rendre compte de ce qu'il a fait. Puis louez Dieu Qui vous a préservé de tomber dans un tel péché".
- "Ne le détestes-tu pas ?" demandèrent-ils à Abou Ad-Darda.
- "Je déteste seulement ce qu'il a fait, et s'il abandonne un tel péché, alors il est mon frère". L'homme se mit à pleurer et annonça publiquement son repentir.

Une autre fois, un jeune vint à Abou Ad-Darda et dit : "Donne-moi un conseil, Ô compagnon du Messager de Dieu", et Abou Ad-Darda lui dit :
- "Mon fils, souviens-toi de Dieu dans les bons moments et Il se rappellera de toi dans ton malheur.


Mon fils, sois savant, recherche la connaissance, sois à l'écoute et ne sois pas ignorant ou tu seras perdu. Mon fils, fais de la mosquée ta demeure car j'ai entendu le Messager de Dieu dire : "La mosquée est la demeure de tous ceux qui se rappellent Dieu et Dieu le Tout-Puissant a garanti la sérénité, le confort, Sa Miséricorde et une voie vers Sa satisfaction à tous ceux pour qui la mosquée est une demeure".

Une autre fois, il y avait un groupe de personnes assises, en train de discuter et de regarder les passants. Abou Ad-Darda vint à eux et dit : "Mes fils, le monastère du musulman est sa maison dans laquelle il se contrôle et abaisse le regard. Prenez garde car le fait de s'asseoir dans les marchés vous fait gaspiller votre temps dans des futilités".

Alors qu'Abou Ad-Darda était à Damas, Mu'âwiyah Ibn Abî Sufyân, le gouverneur, lui demanda de donner sa fille comme épouse à son fils Yazîd. Abou Ad-Darda ne donna pas son accord.


Il donna sa fille en mariage à un jeune homme parmi les pauvres dont le comportement et l'attachement à l'Islam lui plaisait. Les gens entendirent parler de ce fait et se demandèrent pourquoi Abou Ad-Darda avait refusé de marier sa fille à Yazîd. Cette question lui fût posée directement et il répondit : "J'ai simplement pensé faire ce qui est bien pour Ad-Darda (c'était le nom de sa fille)".
- "Comment cela ? " demanda-t-on.
- "Que penseriez-vous d'Ad-Darda si des domestiques devaient rester en sa présence pour la servir et si elle devait se trouver dans de beaux palais qui font briller les yeux ? Qu'adviendrait-il de sa religion ?"

Alors qu'Abou Ad-Darda était encore en Syrie, le Calife 'Omar partit faire une inspection de la région. Une nuit, il rendit visite à Abou Ad-Darda dans sa demeure. Il n'y avait pas de lumière dans la maison.

Abou Ad-Darda accueilla le Calife et le fit s'asseoir. Les deux hommes conversèrent dans le noir. Alors qu'ils discutaient, 'Omar sentit l'oreiller d'Abou Ad-Darda et se rendit compte qu'il s'agissait d'une selle.

 Il toucha l'endroit où Abou Ad-Darda s'allongeait pour dormir et réalisa qu'il n'y avait que des cailloux. Il sentit aussi le drap avec lequel il se couvrait et fût étonné de voir qu'il était si fin qu'il ne pouvait sûrement pas le protéger du froid de Damas. Il lui demanda : "Puis-je rendre ce lieu plus confortable pour toi ? Puis-je te faire parvenir quelque chose ?"
- "Te rappelles-tu, 'Omar, dit Abou Ad-Darda, un hadith du Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la Paix ?".
- "Quel est-il ?", demanda 'Omar.
- "N'a-t-il pas dit : "Faites que ce qui est suffisant pour quiconque d'entre vous en ce monde soit comme la provision emportée par un cavalier"".
- "Oui", dit 'Omar.
- "Et qu'avons-nous fait après cela, Ô 'Omar ?" demanda Abou Ad-Darda.
Les deux hommes se mirent à pleurer en pensant aux vastes richesses parvenues sur le chemin des musulmans avec l'expansion de l'Islam, et leur préoccupation pour l'amassement des richesses et les possessions de ce bas monde. Dans une profonde peine et une grande tristesse, les deux hommes continuèrent à réfléchir sur cette situation jusqu'au lever du jour.

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