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Les Compagnons Qu' ALLAH les agrées

Lundi 9 avril 2007




Son nom


Avant sa conversion, il s'appelait Abd 'Amr ou Abdou l-Ka'ba (serviteur de la Ka'ba).
Le saint Prophète (صلى الله عليه و سلم) lui donna le nom de 'Abd Ar-Rahmân (serviteur du Tout Miséricordieux).


Sa conversion à l'Islam


Il fut parmi les huit premières personnes à accepter l'Islam.

'Abd Ar-Rahmân se convertit à l'islam seulement deux jours après Abou Bakr As-Siddîq et avant que le Prophète, que Dieu le bénisse et le salue, n'entre à la maison d'Al-Arqam.


Sa persécution et son émigration en Abysinnie


Comme les premiers musulmans, 'Abd Ar-Rahmân n'a pas échappé aux souffrances infligées par les Qouraychites. Il fut contraint de rester caché et de fuir en Abyssinie quand les persécutions devinrent insupportables.

Au moment où la rumeur disait que les conditions des musulmans s'étaient améliorées, il revint à La Mecque. Or, cette rumeur s'avéra être fausse.


Son émigration à Médine


Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) présenta 'Abd Ar-Rahmân à Sa'd Ibn Ar-Rabî'ah (رضي الله عنه). En bon Ansar, Sa'd accueillit 'Abd Ar-Rahmân avec générosité et magnanimité : "Mon frère ! Je suis l'un des hommes les plus riches de Médine. J'ai deux vergers et deux épouses. Je te cèderai le verger que tu veux et divorcerai de la femme que tu aimerais épouser".
'Abd Ar-Rahmân, répondit : "Que Dieu vous bénisse, ta famille, ta richesse et toi ! Montre-moi simplement où se trouve le marché".
Il s'y rendit et commença son commerce. En peu de temps, il devint le commerçant le plus riche de Médine.

La prière du Prophète de Dieu (صلى الله عليه و سلم) sollicitant la bénédiction du Tout Puissant sur la richesse de 'Abd Ar-Rahmân lui a eté favorable. 'Abd Ar-Rahmân devint en effet le plus riche parmi les compagnons du Prophète, que Dieu le bénisse et le salue.

Ses transactions commerciales ont toutes été fructueuses et sa richesse n'a pas cessé de s'accroître. Ses caravanes d'exportation et d'importation permettaient aux gens de Médine de s'approvisionner en beurre, tissus, vaisselles, parfum, farine etc. Il importait tout ce qui était nécessaire et exportait tout ce qui était excédentaire à Médine.


Son mariage


Il alla chez le Prophète (صلى الله عليه و سلم) sentant très fort le parfum.
" Mahyam, Ô 'Abd Ar-Rahmân !, s'écria le Prophète - mahyam est un mot d'origine yéménite traduisant une agréable surprise.
- Je me suis marié, répondit 'Abd Ar-Rahmân.
- Et quel dot [maHr] as-tu donné à ton épouse ?
- Le poids d'un noyau en or.
- Tu dois faire une un banquet de noces [walîma], ne serait-ce qu'avec un simple mouton. Et puisse Dieu bénir ta richesse, invoqua le Prophète avec beaucoup de plaisir pour l'encourager".


La bataille d'Ouhoud (3 H)


A Ouhoud, sa fermeté et sa détermination lui ont permis d'endurer la vingtaine de blessures plus ou moins sévères.


La bataille de Taboûk


'Abd Ar-Rahmân donna deux cents awqiyyah d'or.

"J'ai vu 'Abd Ar-Rahmân commettre une faute. Il n'a rien laissé à sa famille", fit remarquer 'Omar Ibn Al-Khattab au Prophète, (صلى الله عليه و سلم).
- As-tu laissé quelque chose à ta famille, 'Abd Ar-Rahmân ?, demanda le Prophète (صلى الله عليه و سلم).
- Oui, répondit 'Abd Ar-Rahmân. Je leur ai laissé plus que je ne leur ai donné.
- "Combien" ?, interrogea le Prophète.
- "Ce que Dieu, exalté soit-il, et Son Messager ont promis de nourriture, de bonté et de récompense", répondit 'Abd Ar-Rahmân.

L'armée musulmane s'est finalement mise en route pour Tabûk. C'est pendant ce voyage que 'Abd Ar-Rahmân eut le plus grand honneur dont personne d'autre avant lui n'avait pu bénéficier. A l'heure de la salat, les musulmans le choisirent pour mener la prière en l'absence du Prophète (صلى الله عليه و سلم) . La premier génuflexion de la salat était presque achevée lorsque le Prophète (صلى الله عليه و سلم) les rejoignit et effectua la salat derrière 'Abd Ar-Rahmân.


Après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم), il subvient aux besoins des mères des croyants


Après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم) 'Abd Ar-Rahmân décida de prendre en charge personnellement sa famille (les Mères des Croyants). Il allait partout où elles allaient et il effectua même le Hajj avec elles pour s'assurer qu'elles ne manquent de rien.

Après avoir vendu un morceau de terre pour quarante mille dinars, il distribua la totalité de la somme aux Banu Zahra (la tribu d'origine de la mère du Prophète, Amina), aux pauvres parmi les musulmans et aux femmes du Prophète. Quand 'Aîcha reçut une partie de cet argent, elle demanda d'où il provenait.
On lui répondit que c'était un don de 'Abd Ar-Rahmân.
Aïcha dit alors : "Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) dit : "Personne n'éprouvera de la compassion envers vous après ma mort à l'exception des patients"".


'Omar (رضي الله عنه) le nomme parmi les gens du conseil de consultation


Il est l'une des six personnes choisies par 'Omar pour former le conseil de consultation [Ach-Choûra] destiné à élire le Commandeur des Croyants (le Calife) après sa mort.


Sa mort


Lorsque Dieu le rappela, il laissa derrière lui environ 1000 chameaux, 1000 cheveaux, et 3000 chèvres. A chacun des survivants de la bataille de Badr qui étaient encore en vie, il laissa 400 dinars. Et dans une volonté, il demanda que soient distribués 50 000 dinars aux pauvres et aux orphelins.


L'annonce de son entrée au Paradis


Oum Salama (رضي الله عنها) rapporte avoir entendu le saint Prophète (صلى الله عليه و سلم) dire à ses épouses : "Celui qui vous traitera bien quand je ne serai plus parmi vous, c'est un sincère, et c'est un bienveillant. Ô Dieu, donne à 'Abd Ar-Rahmân Ibn 'Awf à boire de Salsabil dans le Paradis". (Ahmad)
Par ADMIN
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Lundi 9 avril 2007



Sa conversion

 


Tôt dans la matinée, Abou Ad-Darda se réveilla et alla tout droit vers son idole qu'il gardait précieusement dans le meilleur endroit de sa maison. Il la célébrait et lui était soumis. Il l'embauma du meilleur parfum ramené de sa boutique et la recouvrit d'un belle soie qu'un marchand lui avait apportée la veille du Yémen.

Quand le soleil fût haut dans le ciel, il quitta sa maison pour se rendre à sa boutique. Ce jour là, les rues et les allées de Yathrib étaient peuplées des partisans de Mouhammad qui revenaient de la bataille de Badr. Ils avaient ramenés avec eux des prisonniers de guerre. Abou ad-Darda interrogea la foule et alla vers un jeune Khazraji pour le questionner sur le sort d'Abdullah Ibn Rawahah.

"Il a été sévèrement éprouvé pendant la bataille" "mais il s'en est sorti…"

Abou Ad-Darda était très anxieux pour son cher ami, Abdullâh Ibn Rawâhah. Tout le monde à Yathrib connaissait les liens d'amitié qui unissaient ces deux hommes depuis la période de la Jâhiliyyah (ère de l'ignorance pré-islamique), avant même que l'Islam n'arrive à Yathrib. Quand l'Islam arriva dans la cité, Abdullâh Ibn Rawâhah l'embrassa et Abou Ad-Darda le rejeta. Cependant, ceci ne changea en rien l'amitié de ces deux personnes.


Abdullâh continuait à rendre visite Abou Ad-Darda et essayait de lui faire découvrir les vertus, les avantages et l'excellence de l'Islam. Mais Abou Ad-Darda persistait dans la mécréance et Abdullâh se sentait de plus en plus triste et concerné par son sort.

Abou Ad-Darda arriva à sa boutique et s'assit, les jambes croisées, sur une chaise haute. Il commença à vendre, à acheter et à donner des instructions à ses assistants sans avoir conscience de ce qui était en train de se passer chez lui. En effet, au même moment, Abdullâh Ibn Rawâhah s'était rendu chez lui dans un but bien précis. Là, il trouva l'entrée principale ouverte. Oum Ad-Darda se trouvait dans la cour quand il lui dit :
- "Paix sur toi - esclave de Dieu. "
- "Et sur toi la Paix, Ô frère d'Abou Ad-Dardâ".
- "Où est Abou Ad-Darda ?" demande-t-il.
- "Il est parti à sa boutique. Il reviendra dans peu de temps".
- "Me permets-tu d'entrer ?"
- "Fais comme chez toi" dit-elle, puis elle alla s'occuper des tâches ménagères et de ses enfants.

Abdullâh Ibn Rawâhah entra dans la pièce où Abou Ad-Darda gardait son idole. Il s'empara d'un doloire qu'il avait emmené avec lui et commença à détruire l'idole en disant : "Tout ce qui est adoré en dehors de Dieu n'est-il pas faux ?"
Quand l'idole fût complètement détruite, il quitta la maison. La femme d'Abou Ad-Darda entra dans la pièce peu de temps après et fût consternée par ce qu'elle vit. Elle frappa ses joues de terreur et dit : "Tu m'as mené à ma perte, ô Ibn Rawâhah".

Quand Abou Ad-Darda rentra chez lui, il trouva sa femme assise à la porte de la pièce où il gardait son idole. Elle pleurait à chaudes larmes et semblait complètement terrorisée.
- "Que t'arrive-t-il ?" demanda-t-il.
- "Ton frère Abdullâh Ibn Rawâhah est venu nous rendre visite en ton absence et a fait ce que tu vois à ton idole".
Abou Ad-Darda vit l'idole et fût horrifié. Il était empli de colère et déterminé à prendre sa revanche. Cependant, au bout d'un certain temps, sa colère se dissipa ainsi que son envie de venger son idole.
Il se mit à réfléchir sur ce qui s'était passé et se dit : "S'il y avait quelque bien dans cette idole, elle se serait défendue".

Il alla trouver Abdullâh et ils allèrent ensemble voir le Prophète (صلى الله عليه وسلم), puis il embrassa l'Islam. Il fût la dernière personne dans cette zone à devenir musulman.


Son perfectionnement dans l'Islâm


Depuis cet instant, Abou Ad-Darda se dévoua entièrement à la cause de l'Islam. La foi en Dieu et en son Prophète animait chaque fibre de son être. Il regrettait profondément tout ce qu'il avait fait en tant que mécréant et toutes opportunités de faire le bien qu'il n'avait pas saisies.


Il réalisait combien ses frères avaient appris du jeûne les deux ou trois années précédentes, tout ce qu'ils avaient mémorisé du Coran et toutes les occasions qu'ils avaient eu de se dévouer à Dieu et à son Prophète. Il se mit en tête de multiplier ses efforts, nuit et jour, pour essayer de rattraper tout ce qu'il avait manqué. Les actes d'adoration occupaient ses jours et ses nuits.


Sa recherche de la science était sans repos. Il passa énormément de temps à apprendre les versets du Coran et à essayer de comprendre la profondeur du message. Quand il se rendit compte que le commerce et les affaires venaient troubler ses actes d'adoration et l'empêchaient de participer aux cercles d'apprentissage, il y réduisit sa participation sans hésitation ni regret. Quelqu'un vint lui demander pourquoi il faisait tout cela et il répondit : "J'étais marchand avant de prêter serment au Messager de Dieu (صلى الله عليه وسلم).


Puis je suis devenu musulman, j'ai voulu combiner le commerce et l'adoration mais je n'ai pas pu atteindre ce que je désirais. Alors j'ai abandonné le commerce et je me suis tourné vers l'adoration. Par celui dont l'âme d'Abou Ad-Darda est entre ses mains, ce que je veux c'est avoir une boutique près de la porte de la mosquée afin de ne rater aucune prière en commun. Puis je vendrai et achèterai et ferai de modestes profits chaque jour. Je ne suis pas en train de dire que Dieu Le Très Haut et Le Majestueux a interdit le commerce, mais je veux être parmi ceux que ni le commerce ni les ventes ne distraient du souvenir de Dieu".

Non seulement Abou Ad-Darda participa moins au commerce, mais il abandonna également son style de vie jusque-là luxurieux. Il se contenta seulement du strict minimum et portait des vêtements simples et suffisants pour couvrir son corps.

Une fois, un groupe de musulmans vinrent passer la nuit avec lui. La nuit était assez froide. Il leur offrit une nourriture chaude qu'ils acceptèrent.

Il alla dormir mais ne leur donna aucune couverture. Ils se demandèrent avec inquiétude comment ils allaient dormir par une nuit si froide. L'un d'entre eux dit : "Je vais aller lui parler"." Ne le dérange pas", dit un autre.

Cependant, l'homme alla trouver Abou Ad-Darda et s'arrêta au pas de sa porte. Il vit Abou Ad-Darda allongé. Sa femme était assise près de lui. Ils portaient tous deux des vêtements légers qui ne pouvaient pas les protéger du froid, et ils n'avaient aucune couverture. Abou Ad-Darda dit à son invité : "Si nous avions quoi que ce soit, nous vous l'aurions donné".


Il devient calife de la Syrie


Pendant le Califat de 'Omar, ce dernier voulut nommer Abou Ad-Darda gouverneur de la Syrie mais Abou Ad-Darda refusa. 'Omar insista et Abou Ad-Darda dit : "Si tu es d'accord pour que je leur apprenne le Livre de leur Seigneur et la sounna de leur Prophète et que je prie avec eux, alors j'irai".

'Omar lui donna son accord et Abou Ad-Darda partit pour Damas. Là, il trouva des gens qui se complaisaient dans le luxe et il fût consterné. Il appela les gens à se rendre à la mosquée et leur parla : "Ô, habitants de Damas ! Vous êtes mes frères en religion, nous sommes voisins et nous nous aidons mutuellement contre les ennemis.


Ô habitants de Damas ! Qu'est-ce qui vous empêche d'avoir de l'affection pour moi et de répondre à mon conseil alors que je ne demande rien de votre part ? Je vois ceux parmi vous qui apprenaient quitter cette terre alors que les ignorants parmi vous n'apprennent pas. Je vois que vous penchez vers des choses auxquelles Dieu vous a rendu sensibles et vous délaissez ce qu'Il vous a ordonné de faire.


Je vous vois assembler et amasser ce que vous ne mangez pas, ériger des bâtiments dans lesquels vous ne vivez pas et maintenir de vains espoirs envers des choses que vous ne pouvez atteindre. Les gens avant vous ont amassé des richesses et avaient de grands espoirs.


Mais peu de temps après, tout ce qu'ils avaient amassé fût détruit, leurs espoirs s'éteignirent et leurs demeures devinrent des tombes. Tel fût le peuple des 'Ad, Ô habitants de Damas. Ils emplirent la terre de biens et d'enfants. Qui aujourd'hui m'achètera pour seulement 2 dirhams tout ce qui reste des 'Ad ?".

Les gens se mirent à pleurer et leurs pleurs se firent entendre jusqu'en dehors de la mosquée. Depuis ce jour, Abou Ad-Darda se mit à fréquenter les lieux de réunions des habitants de Damas. Il se promenait dans leurs marchés, enseignant, répondant à des questions pour essayer de secouer toute personne devenue inconsciente et insensible. Il saisissait chaque opportunité, chaque occasion pour réveiller les gens et les mener vers le droit chemin.

Une fois, il passa devant un groupe de personnes qui encerclaient un homme qu'ils commencèrent à insulter et à frapper. Il arriva et dit : "Quel est le problème ?".
- "C'est un homme qui a commis un grave péché", répondirent-ils.
- "Que pensez-vous que vous auriez fait s'il était tombé dans un puits ?" demanda Abou Ad-Darda, " N'auriez-vous pas essayé de l'en sortir ?".
- "Certainement !" dirent-ils.
- "Ne l'insultez pas et ne le frappez pas mais avertissez-le et amenez-le se rendre compte de ce qu'il a fait. Puis louez Dieu Qui vous a préservé de tomber dans un tel péché".
- "Ne le détestes-tu pas ?" demandèrent-ils à Abou Ad-Darda.
- "Je déteste seulement ce qu'il a fait, et s'il abandonne un tel péché, alors il est mon frère". L'homme se mit à pleurer et annonça publiquement son repentir.

Une autre fois, un jeune vint à Abou Ad-Darda et dit : "Donne-moi un conseil, Ô compagnon du Messager de Dieu", et Abou Ad-Darda lui dit :
- "Mon fils, souviens-toi de Dieu dans les bons moments et Il se rappellera de toi dans ton malheur.


Mon fils, sois savant, recherche la connaissance, sois à l'écoute et ne sois pas ignorant ou tu seras perdu. Mon fils, fais de la mosquée ta demeure car j'ai entendu le Messager de Dieu dire : "La mosquée est la demeure de tous ceux qui se rappellent Dieu et Dieu le Tout-Puissant a garanti la sérénité, le confort, Sa Miséricorde et une voie vers Sa satisfaction à tous ceux pour qui la mosquée est une demeure".

Une autre fois, il y avait un groupe de personnes assises, en train de discuter et de regarder les passants. Abou Ad-Darda vint à eux et dit : "Mes fils, le monastère du musulman est sa maison dans laquelle il se contrôle et abaisse le regard. Prenez garde car le fait de s'asseoir dans les marchés vous fait gaspiller votre temps dans des futilités".

Alors qu'Abou Ad-Darda était à Damas, Mu'âwiyah Ibn Abî Sufyân, le gouverneur, lui demanda de donner sa fille comme épouse à son fils Yazîd. Abou Ad-Darda ne donna pas son accord.


Il donna sa fille en mariage à un jeune homme parmi les pauvres dont le comportement et l'attachement à l'Islam lui plaisait. Les gens entendirent parler de ce fait et se demandèrent pourquoi Abou Ad-Darda avait refusé de marier sa fille à Yazîd. Cette question lui fût posée directement et il répondit : "J'ai simplement pensé faire ce qui est bien pour Ad-Darda (c'était le nom de sa fille)".
- "Comment cela ? " demanda-t-on.
- "Que penseriez-vous d'Ad-Darda si des domestiques devaient rester en sa présence pour la servir et si elle devait se trouver dans de beaux palais qui font briller les yeux ? Qu'adviendrait-il de sa religion ?"

Alors qu'Abou Ad-Darda était encore en Syrie, le Calife 'Omar partit faire une inspection de la région. Une nuit, il rendit visite à Abou Ad-Darda dans sa demeure. Il n'y avait pas de lumière dans la maison.

Abou Ad-Darda accueilla le Calife et le fit s'asseoir. Les deux hommes conversèrent dans le noir. Alors qu'ils discutaient, 'Omar sentit l'oreiller d'Abou Ad-Darda et se rendit compte qu'il s'agissait d'une selle.

 Il toucha l'endroit où Abou Ad-Darda s'allongeait pour dormir et réalisa qu'il n'y avait que des cailloux. Il sentit aussi le drap avec lequel il se couvrait et fût étonné de voir qu'il était si fin qu'il ne pouvait sûrement pas le protéger du froid de Damas. Il lui demanda : "Puis-je rendre ce lieu plus confortable pour toi ? Puis-je te faire parvenir quelque chose ?"
- "Te rappelles-tu, 'Omar, dit Abou Ad-Darda, un hadith du Prophète, que Dieu le bénisse et lui accorde la Paix ?".
- "Quel est-il ?", demanda 'Omar.
- "N'a-t-il pas dit : "Faites que ce qui est suffisant pour quiconque d'entre vous en ce monde soit comme la provision emportée par un cavalier"".
- "Oui", dit 'Omar.
- "Et qu'avons-nous fait après cela, Ô 'Omar ?" demanda Abou Ad-Darda.
Les deux hommes se mirent à pleurer en pensant aux vastes richesses parvenues sur le chemin des musulmans avec l'expansion de l'Islam, et leur préoccupation pour l'amassement des richesses et les possessions de ce bas monde. Dans une profonde peine et une grande tristesse, les deux hommes continuèrent à réfléchir sur cette situation jusqu'au lever du jour.
Par ADMIN
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Lundi 9 avril 2007



Son nom et sa généalogie


C'est Khâlid Ibn Zayd Ibn Kulayb des Banû An-Najjâr.


Il accueille le Prophète (صلى الله عليه و سلم) dans sa demeure


Il eut l'honneur de recevoir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) chez lui après avoir rejoint Médine émigrant de La Mecque.

Tout Ansâr espérait recevoir le Prophète (صلى الله عليه و سلم) chez lui. Ils interrompirent à plusieurs reprises le cours de sa monture. Et le Prophète leur répondit par ces termes : "laissez-la, elle est ordonnée". La chamelle poursuivit son cours jusqu'à s'arrêter dans une cours devant la maison de Abou Ayyoûb.

Abou Ayyoûb s'en réjouit à l'extrême. Il ses précipita à accueillir le Prophète (صلى الله عليه و سلم); emporta ses effets personnels comme s'il portait les trésors de la terre et il se lança vers sa maison.

Celle si se composait de deux étages, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) en choisit le plus bas pour être accessible à ses compagnons. Mais Abou Ayyoûb ne put supporter d'être au-dessus du Prophète et lui fit part de son souci. Après plusieurs épisodes qui montrant à quel point celui-ci respectait le Prophète et l'aimait, il parvint à le convaincre de monter au premier étage.

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) resta chez Abou Ayyoûb pour quelque mois jusqu'à ce furent bâties sa mosquée et les chambres d'alentours.


Sa mort


Mu'âwiya prépara une armée pour la conquête de Constantinople sous le commandement de son fils Yazîd. Abou Ayyoûb était alors âgé. Cependant il sortit pour la bataille et tomba malade. Il demanda au commandant de l'armée de porter sa dépouille et de l'enterrer aux murs de Constantinople. En effet, il mourut dans cet état.

Les musulmans attaquèrent l'ennemi plusieurs fois jusqu'à ce qu'ils atteignirent les murs de Constantinople, en portant Abou Ayyoûb. Là-bas ; ils creusèrent un tombeau et l'enterrèrent.
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Lundi 9 avril 2007

 

Son nom est sa généalogie


 

Il se nomme 'Abdoullah Ibn ABI QOUHAFA 'Othman Ibn 'Amir.

 

Abou Bakr était le septième dans la descendance de taym, le fils de Mourra, le septième ancêtre du Prophète. le clan auquel il appartenait se dénommait banû taym du nom de taym sa mère salmâ était une fille de l'oncle de son père, saqr. Le nom originel d'Abou Bakr avait été 'abdul ka'bah. Il s'appelait également 'atîq. Sa mère n'avait aucun fils survivant, et lorsqu'elle avait mis au monde Abou Bakr, elle l'amena au temple et s'exclama : "Ô déité ! si celui-ci est immunisé contre la mort, alors donne-le moi".


 

Sa naissance


 

Il est né environ trois ans après l'année de l'éléphant.


 

Avant sa conversion


 

Il faisait partie des notables du peuple de Qouraych et comptait parmi leurs savants, il était aimé parmi eux.


 

Sa conversion à l'Islam (-13 H. ; 37 ans)


 

Abôu Dardâ (رضي الله عنه) a rapporté que le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N'allez-vous pas cessez, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : " Ô peuple, je suis le Messager de Dieu auprès de vous ! Vous m'avez répondu : " Menteur ! ", sauf Abou Bakr qui, lui, m'a cru !". (al-boukhâri)

 

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Quand j'ai invité les gens à embrasser l'Islam, tous ont pris un temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abou Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité ! " (Ibn Ishaq)

 

'Alî Ibn Abî Tâlib (رضي الله عنه) a rapporté qu'Abou Bakr a été le premier homme musulman. (Ibn 'Asâkir)


 

La libération de Bilâl (-13 H ; 37 ans)


 

Il fut affranchi par Abou Bakr As-Siddîq (رضي الله عنه) qui l'avait racheté de Umayya Ibn khalaf à neuf onces d'or. Ce dernier exagérait son prix afin de décourager Abou Bakr, tout en se disant toutefois : "Si Abou Bakr insiste à l'acheter à une seule once d'or, je le vendrai à ce prix".
Tandis que Abou Bakr se disait : "S'il ne consent à la vente qu'au prix de cent onces d'or, je les payerai".


 

Son émigration vers Médine en compagnie du Prophète (صلى الله عليه و سلم) (1 H. ; 51 ans)


 

Dès que le départ du Prophète (صلى الله عليه و سلم) fut signalé, les Qoraïshites se lancèrent sur ses traces et Aboutirent à l'entrée d'une grotte où le Prophète et son compagnon Abou Bakr s'étaient réfugiés... Dieu troubla les Qoraïshites : les traces de pas menaient bien à cette grotte mais visiblement, elle n'était pas fréquentée. Plus bas, dans la grotte, Abou Bakr dit à son ami Muhammad (صلى الله عليه و سلم) : "Si l'un d'eux regarde sous ses pieds, il nous verra..."
Et le Prophète de répondre :
"Que penses-tu de deux [personnes] dont Dieu est le troisième ?"

 

Dieu (تعالى) a dit : {Si vous ne lui portez pas secours... Dieu l'a déjà secouru, lorsque les mécréants l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, car Dieu est avec nous." Dieu fit alors descendre sur lui Sa sérénité et le soutint de soldats que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole de Dieu eut le dessus. Et Dieu est Puissant et Sage.} (9/40)


 

Quand ils furent débarrassés de leur poursuivants, le Prophète et Abou Bakr retrouvèrent leur guide Abdullâh Ibn Uraïqit et le berger d'Abou Bakr, 'Âmir Ibn Fuhaïrah, et continuèrent leur route. Ils passèrent à proximité de la tente d'une femme qu'on appelait Oum Ma'bad Al-Khozâ'iyyah. Les voyageurs étaient alors à bout de vivres. Ils demandèrent à Oum Ma'bad de leur vendre de quoi tenir le reste du trajet. Mais la femme, gênée, leur dit : "Par Dieu, si j'avais de quoi vous donner, je vous l'aurais donné gratuitement".
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) vit dans un coin une chèvre frêle. "Et cette chèvre ?", demanda le Prophète.
"Elle est frêle comme tu le vois", répondit la femme.
Le Prophète lui demanda d'approcher la chèvre. Alors, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) posa sa main sur la chèvre qui subitement prit des forces. Puis, il toucha son pis qui se remplit de lait. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) prit du lait de la chèvre et commença par donner à ses compagnons. Ensuite, il en donna à Oum Ma'bad, il remplit un bol destiné à Abou Ma'bad et il finit par en boire à son tour. Les voyageurs suivirent leur chemin. Quand Abou Ma'bad fut de retour, il s'étonna à la vue du bol de lait car il savait que leur chèvre ne donnait pas de lait. Alors, Oum Ma'bad lui décrivit le Prophète et lui raconta ce qu'il fit. Il lui dit : "C'est l'homme que Qoraïsh poursuit pour l'assassiner". Oum Ma'bad et Abou Ma'bad embrassèrent l'Islam.


 

La bataille de Badr (2 H)


 

Anas (رضي الله عنه) dit : "MESSAGER DE DIEU (صلى الله عليه و سلم) consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
OMAR IBN AL KHRTAB (رضي الله عنه) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) se détourna de lui. Puis il reprit la parole :
"Ô gens, Dieu le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
 
OMAR IBN AL KHRTAB (رضي الله عنه) se leva et dit : "Ô Messager de Dieu, tranche leur le cou!"
Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
 ABOU BAKR (رضي الله عنه) se leva alors et dit : "Ô Messager de Dieu, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le visage du Prophète (صلى الله عليه و سلم) fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Dieu, le Puissant, le Majestueux révéla :
{N'eût-été une prescription préalable de Dieu, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)} (8/67)". (Ahmad n°13143)


 

Son pélerinage


 

En revenant de Tabouk, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pensa au pélerinage. Puis il dit : "Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d'eux".

 

Il envoya Abou Bakr (رضي الله عنه) à la Mecque et le fit suivre de 'Ali (رضي الله عنه) avec pour mission d'interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s'ils ne se convertissaient pas.

 

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) fit accompagner Abou bakr de trois cent Médinois, emportant vingt chameaux marqués en guise d'offrande. (Ibn Sâ'd)


 

Récit de la mort du Prophète et discours d'Abou Bakr (11 H ; 61 ans)


 

'Orwa Ibn Zoubayr, que Dieu les agrée, rapporte : Abou Bakr (رضي الله عنه) revint alors du Sonh sur sa monture et s'arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d'entrer dans la maison de sa fille Aïcha (رضي الله عنه) et elle l'autorisa à entrer. Il entra, le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d'Abou Bakr sauf Aïcha. Il découvrit le visage du Messager de Dieu et se pencha sur lui en l'embrassant et en pleurant.

Il dit : "Ce que prétend Ibn Al-khattab est faux. Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde de Dieu sur toi, Ô Messager de Dieu! Tu es si bon, vivant et mort".

Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar (رضي الله عنه) s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.
Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Allâh puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Dieu puissant et glorieux.

Dieu élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Dieu; et Dieu récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).

-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Dieu! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!
- Et Dieu élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammad, prière et paix sur lui :
{En vérité tu mourras et ils mourront aussi} (39/30).

Dieu élevé dit aussi : {Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse} (55/26-27).

Il dit encore : {Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution} (3/185).

Dieu a fait vivre Mouhammad et l'a gardé jusqu'à ce qu'il établit grâce à lui la religion de Dieu. Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) a fait triompher la volonté de Dieu, il a transmis la religion de Dieu et a combattu pour la cause de Dieu, puis il est mort en accomplissant cela.

Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Dieu, Dieu est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammad et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Dieu! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion de Dieu est inébranlable et la parole de Dieu est complète. Dieu aidera celui qui l'aide et il fera triompher sa religion.

Le livre de Dieu est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Dieu a guidé Mouhammad, prière et paix sur lui; il contient le licite et l'illicite. Par Dieu! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager de Dieu, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition!". Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager de Dieu, prière et paix sur lui.


 

Discussion au sujet du califat dans la cour


 

Ibn 'Abbâs, que Dieu les agrée, rapporte : 'Omar (رضي الله عنه) raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) mourut. On vint nous dire que les Ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, que Dieu l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, que Dieu les agrée.

Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des Ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn Âadiy, que Dieu les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"
Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".
Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Dieu! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"
Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Écoute, 'Omar!"
Il loua Dieu et le félicita puis dit : "Ô Ançars! Par Dieu! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux.

Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Dieu! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Dieu! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Dieu! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.

Puis je dis : "Ô Ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des Ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.


 

Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour


 

Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, que Dieu les agrée, rejoignirent les Ançars.
Abou Bakr dit : "Ô Ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Dieu! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, que Dieu l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le
{Deuxième de deux} (9/40) est parmi vous!"


 

Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 61 ans)


 

Anas (رضي الله عنه) raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar (رضي الله عنه) le lendemain de la mort du Messager de Dieu, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager de Dieu vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Dieu a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Dieu a guidé Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) et Abou Bakr est le compagnon du Messager de Dieu et le {Deuxième de deux} (9/40).

Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.


 

Son premier discours en tant que calife (11 H. ; 61 ans)


 

Après la mort du Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) et l'élection de Abou Bakr (رضي الله عنه) comme calife, il a dit dans un de ses discours : "Allâh a donné à Mouhammed (صلى الله عليه و سلم) une certaine longévité jusqu'à ce qu'il a pu établir la religion de Dieu, fait triompher la parole de Dieu, transmis le Message et combattu pour Sa cause. Dieu a recueilli son âme en cet état et en vous laissant sur ce chemin droit, donc celui qui périra, il périra averti. Quiconque considère que Dieu est son Seigneur, qu'il sache que Dieu est vivant et ne mourra pas. Quant à celui qui adore Mouhammed et le prend pour divinité qu'il sache que celle-ci est morte.

Ô hommes! Craignez Dieu! Attachez-vous à votre religion et fiez-vous à votre Seigneur. La religion de Dieu est déjà établie, la Parole de Dieu est parfaite, Dieu accorde la victoire à celui qui défend sa religion. Le Livre de Dieu est entre nos mains, elle est la lumière et la guérison, par quoi Dieu a guidé Mouhammed -que Dieu l'agrée-, et on y trouve le licite et l'illicite. Par Dieu! nous ne soucions plus de ceux qui se rassemblent pour nous combattre. Les sabres de Dieu sont dégainés et nous ne les avons pas encore mis dans leurs fourreaux. Nous combattrons ceux qui nous seront hostiles comme nous avons combattu à côté du Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم)". (Al-Bayhaqi)


 

La tentative de démission


 

Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr (رضي الله عنه) s'assit tristement dans sa maison. 'Omar (رضي الله عنه) entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.

 

Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr (رضي الله عنه) il s'enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : "Musulmans! J'ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez". À chaque fois, 'Ali Ibn Abou Talib (رضي الله عنه) lui répondait : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) t'a placé à l'avant, qui donc te fera reculer?"

 

Zayd Ibn 'Ali rapporte : Abou Bakr, que Dieu l'agrée se leva sur le minbar du Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) et appela : "Y a-t-il une personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne?" Il répéta cela trois fois.
'Ali Ibn Abou Talib (رضي الله عنه) se leva alors et répondit : "Non, par Dieu! Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) t'a placé à l'avant?"


 

L'une des premières choses qu'il fait en tant que calife est de régler les dettes que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n'a pu faire de son vivant (11 H. - 61 ans)


 

Selon Jâbir (رضي الله عنه), le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) lui a dit : "Si les contributions du Bahrayn arrivaient, je t'en donnerais telle et telle chose". Mais l'or du Bahrayn n'arriva pas jusqu'à la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Quand cet or arriva enfin, le calife Abou Bakr (رضي الله عنه) cria à haute voix : "Que celui qui a une promesse du  MESSAGER DE DIEU (صلى الله عليه و سلم) ou auquel ce dernier doit quelque chose vienne à nous".

Je vins à lui et lui dis : "Le  PROPHETE (صلى الله عليه و سلم) m'a dit ceci et cela". Il me donna alors une certaine somme. Je la comptai et voilà qu'elle représentait cinq cents (dinars ou dirhams).
Il me dit :
"Prends-en encore le double". (AL BOUKHARY ET MOUSLIM)


 

Sa fermeté face aux apostats (11 H. ; 61 ans)


 

Abou Hourayra (رضي الله عنه) a dit : "Lorsque mourut le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم), qu'Abou Bakr (رضي الله عنه) lui succéda et qu'un certain nombre de tribus arabes apostasièrent, 'Omar (رضي الله عنه) a dit : "Comment combattrais-tu ces gens alors que le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent : "Il n'y a de dieu que Dieu", et celui qui l'a dit a mis à l'abri de moi ses biens et sa vie sauf pour ce qui en revient de droit à l'Islam, et c'est à Dieu de lui demander des comptes"?

Abou Bakr lui dit : "Par Dieu! Je combattrai sûrement tous ceux qui font une différence entre la prière et l'aumône légale car l'aumône est la redevance des biens. Par Dieu! S'ils refusent de me donner un bout de corde qu'ils donnaient au Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم), je les combattrai à cause de lui".

'Omar dit alors : "Par Dieu! Je ne tardai pas à comprendre que c'était Dieu qui avait fait choisir à Abou Bakr la solution du combat et j'ai su qu'il avait raison"". (Al-Boukhâri, Mouslim)

 

Aïcha (raa) raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. 'Ali Ibn Abou Talib (رضي الله عنه) vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : "Où vas-tu, calife du Messager de Dieu?! Je te dis comme t'a ordonné le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) le jour d'Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Dieu! S'il nous arrivait un malheur en ta personne, l'ordre de l'Islam ne sera jamais plus rétabli après toi". Abou Bakr retourna alors et envoya l'armée.


 

La bataille de Mouta


 

La première affaire que mena à bien Abou Bakr (رضي الله عنه) fut d'envoyer 'Ousama Ibn Zayd accompagné d'une légion, avec l'ordre de se rendre du côté des terres de Mouta, là où mourut martyr son père Zayd Ibn Haritha.

 

Après la mort du Messager , la catastrophe devint grande, l'hypocrisie s'accrut, certaines tribus apostasièrent et certains refusèrent de verser la zakat, l'aumône obligatoire. Abou Bakr (رضي الله عنه) s'attacha alors à régler cette affaire primordiale, il ordonna d'équiper les troupes pour combattre les apostats et ceux qui refusaient de verser la zakat.

Abou Bakr sortit avec l'armée et marcha jusqu'à arriver à Rabdhah qui est un village voisin de Médine à trois jours de Dhati 'Irq. Puis, il fut rappelé à Médine et y retourna ; il avait organisé onze légions pour combattre les apostats. Les armées se dirigèrent donc vers l'ennemi et combattirent les apostats. Mousaylama le menteur fut tué, et Toulayhah Ibn Khouwaylid s'enfuit vers la terre de Cham, il avait prétendu être Prophète, mais il se convertit par la suite à l'Islam à l'époque de 'Omar Ibn al-Khattab.

Parmi les compagnons, environ sept cents moururent martyrs, la plupart était de ceux qui connaissaient le Coran par cœur : parmi eux Zayd Ibn al-Khattab le frère de 'Omar (رضي الله عنهما) ainsi que Al-Bara Ibn Malik le frère de Anas Ibn Malik, parmi les Bani Hanifah, environ dix-sept mille hommes furent tués.


 

La compilation du Coran à l'époque de Abou Bakr (رضي الله عنه)


 

Zayd Ibn Thâbit raconte : "'Omar (رضي الله عنه) était motivé à cause du nombre important de Houffadh (personnes ayant mémorisé le Coran) décédés.

Déjà, à l'époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم), environ soixante-dix d'entre eux avaient déjà été fait martyrs à Bi'r Ma'ouna. Et plus tard, à l'époque de Abou Bakr (رضي الله عنه), une expédition à Yamama contre les apostats coûta la vie à un nombre identique de houffadh (en l'an 12 de l'hégire). Tout ceci fit réfléchir 'Omar (رضي الله عنه) qui essaya de convaincre Abou Bakr (رضي الله عنه) avec succès". (Al-Boukhâri)

 

Lorsque 'Omar (رضي الله عنه) lui pria de porter une attention particulière à ce projet, il lui répondit : "Comment puis-je accomplir une chose que le Prophète n'a jamais fait ?" Cependant, lorsqu'il réalisa la sagesse et le besoin d'entreprendre un tel acte, il se résolut à le faire et soutint Zayd (رضي الله عنه) qui était lui-même hésitant.

 

C'est pour cette raison que Abou Bakr (رضي الله عنه) s'est adressé à lui en ces termes : "Tu es un jeune homme intelligent. Nous ne doutons pas de ton intégrité. De plus, tu écrivais les versets révélés au Prophète (صلى الله عليه و سلم)".


 

La bataille de Dhât As-Salâsil (12 H. - 62 ans)


 

Dhât As-Salâsil fut la première grande confrontation armée entre les musulmans et les troupes de la Perse, sous le premier calife.

 

Elle eut lieu au terme des guerres contre les apostats, où les Sassanides de Perse avaient prêté main forte à l'imposteur Musaylima Al-Kadhdhâb.

 

Les troupes musulmanes comptaient 18 000 hommes sous le commandement de Khâlid Ibn Al-Walîd lorsqu'elles arrivèrent aux frontières de la Perse. Refusant d'embrasser l'islam et de verser le tribut, les chefs sassanides de la Perse durent affronter les musulmans dans cette bataille où ils enchaînèrent leurs soldats de peur que ceux-ci fuissent le combat.

A peine les armes se rencontrèrent-elles que Khâlid Ibn Al-Walîd se débarrassa du commandant des troupes ennemies appelé Ormizd, ce qui déclina le moral du reste des combattants. Ensuite, les musulmans ne tardèrent pas à remporter la victoire, prenant un part importante sur le golfe Arabo-Persique.


 

Son empoisonnement par les juifs de Khaybar (12 H. ; 62 ans)


 

Tabari a rapporté dans son Tarikh qu'Abou Bakr avait été invité à un repas par un des principaux chef de la communauté juive de Khaibar ; le calife se trouvait à table avec Al Harith Ibn Khalada, qui était le médecin réputé des Arabes et on leur présenta un plat de riz.

 

Abou Bakr en mangea une bouchée, Al Harith en prit de même une bouchée mais la rejeta aussitôt en s'écriant : "Il y a dans ce riz un poison qui tue au bout d'une année !"


 

La désignation de 'Omar comme successeur au califat (13 H. ; 63 ans)


 

Lorsque Abou Bakr (رضي الله عنه) fut sous le coup de la maladie, il réunit auprès de lui Talhah, 'Outhman Ibn 'Affan, 'Abdou r-Rahman Ibn 'Awf ainsi que d'autres parmi les grands compagnons et il les informa qu'il voyait 'Omar Ibn Al-Khattab comme calife. Ils approuvèrent cela et firent l'éloge de son avis, puis il apparut devant les gens et les informa que 'Oumar serait son successeur. Il leur ordonna de l'écouter et de lui obéir. Ensuite, il appela 'Outhman Ibn 'Affan et lui dit : "Ecris !" puis il lui ordonna de cacheter cet écrit avec le sceau du Messager de Dieu , ce qu'il fit. Ensuite 'Outhman sortit avec le pli et le lut aux gens. C'est alors qu'ils prêtèrent serment à 'Omar Ibn Al-Khattab et les gens furent satisfaits que ce soit lui leur calife.

 

Ensuite Abou Bakr convoqua 'Omar avec lequel il s'isola en privé et lui dit : "Je t'ai désigné à ma succession, et je te recommande de craindre Dieu. Dieu n'exige que l'on s'acquitte de certains devoirs de nuit, qu'Il ne peut accepter que l'on retarde pour les accomplir de jour ! De même il y a des charges que l'on doit accomplir de jour, Dieu n'aime pas qu'on les retarde pour les éxecuter de nuit ! Dieu n'accepte pas d'actes surérogatoires tant que l'on ne s'est pas acquitté de l'obligatoire qui est prioritaire ! Et si certains verront au Jour Dernier, leur balance pencher vers le bien, ce ne sera certes que grâce à leur attachement à la Vérité. Tandis que ceux dont les pesées seront légères ce sera parce qu'ils auront suivi les voies de l'égarement ; il est bien évident qu'une balance qui n'aura été chargée que de mauvais actes ne vaudra pas grand chose.
Allâh a cité les gens du Paradis en les louant par les meilleurs actes qu'ils aient accompli, et Il leur a pardonné leurs erreurs. Si tu les cite à ton tour dis toi : "J'ai peur de ne pas être parmi eux !"
De même Dieu a parlé des gens de l'Enfer, et Il leur a rappelé ce qu'ils commettaient. Lorsque tu te souviens d'eux, demande à ne pas être de ceux là. Ne te rappelles pas uniquement des versets où il n'est question que de la Miséricorde de Dieu, mais souviens toi en même temps des versets qui parlent de Son Châtiment pour que tu sois de ceux qui craignent Dieu et espèrent en Lui. Pour que tu sois quelqu'un qui ne demande de Dieu que ce qui est conforme à la Vérité, et ne se jette point dans les chemins de la perdition!
Si tu prends en considération mes recommandations, fait alors en sorte que le meilleur absent que tu souhaites rencontrer soit la mort, car elle va te rejoindre ; mais si tu négliges ce que je t'ai recommandé, la mort sera cet absent que tu n'aimes pas rencontrer, alors, qu'en vérité, tu ne pourras point la fuir! "

 

Quand 'Omar sortit, Abou Bakr leva les mains au ciel et invoqua Dieu en disant : "Seigneur, je n'ai voulu par cette décision que le bien des musulmans, pour les préserver de tout désordre (fitna) c'est pourquoi j'ai agi selon ce que TU sais mieux que quiconque, et j'ai fait de mon mieux pour faire le bon choix ; j'ai donc désigné à leur tête le meilleure d'entre eux, le plus capable parmi eux pour s'acquitter de cette charge, celui qui est le plus attentif et le plus sage. Voilà que Ta décision en moi s'accomplit (par la mort) : Sois Celui Qui les prendra en charge, car ils sont Tes serviteurs ; leur volonté est entre Tes Mains. Seigneur, réforme en bien leur tuteur fais en sorte qu'il soit parmi tes "califes bien guidés" et réforme pour lui ses sujets".


 

Sa mort (13 H ; 63 ans)


 

Sa maladie survint le lundi sept du mois de Joumâdâ en l'an 13 de l'Hégire, dura 15 jours, et il mourut le mardi à l'heure de la prière du soir, huit jours avant la fin du mois.

 

La mort de Abou Bakr As-Siddiq (رضي الله عنه) eut lieu la treizième année, la nuit du mardi précédant les sept derniers jours du mois de Joumada Al-'Akhirah, à l'âge de soixante trois ans.

 

Son califat dura deux ans, trois mois et treize jours (ou sept jours de moins).


 

Ce qu'Abou Bakr dit au moment de sa mort à 'Abdarrahmân Ibn 'Awf


 

'Abdarrahmân Ibn 'Awf (رضي الله عنه) rapporte : Abou Bakr, As-Siddiq (رضي الله عنه) me dit au moment de sa mort : "Je ne regrette rien à part trois choses que j'ai faites, et j'aurais voulu ne pas les avoir faites, et trois autres choses que je n'ai pas faites, et j'aurais voulu les avoir faites, et trois autres choses que j'aurais voulu demander au Messager de Dieu, prière et paix sur lui".
Parmi ces choses, il dit :
"J'aurais voulu, le jour de la cour des Banou Sa'ida, lancer le califat à l'un de ces deux hommes : Abou 'Oubayda ou 'Omar. Il aurait était émir et j'aurais été ministre".
Il dit aussi :
"J'aurais voulu, quand j'ai envoyé Khalid au Chèm, envoyer 'Omar en Irak. J'aurais ainsi étendu mes mains à droite et à gauche dans la voie de Dieu. Quant aux trois que j'aurais voulu demander au Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) j'aurais voulu lui demander à qui doit revenir le califat, ainsi personne ne le disputera au calife. J'aurais aussi voulu lui demander si les Ançars y ont droit. J'aurais enfin voulu le questionner sur l'héritage de la tante maternelle et de la nièce par la soeur, car j'ai un doute là-dessus".

 

Alors qu'Abou Bakr agonisait il se découvrit le visage et dit à sa fille 'Aicha (raa) qui était affligée :
"Ne sois pas dans cet état mais récite plutôt :
{Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à fuir !} (50/19)
Abou Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez les pour mon linceul; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort !".


 

Le lavage de son corps et son enterrement


 

Sa femme Asma Bint 'Oumaïss et son fils 'Abd Arrahman se chargèrent du lavage rituel de son corps.

 

Selon At-Tabari 'Omar Ibn Al Khattab ordonna qu'on l'enterra immédiatement. Il fut enterré à côté de la tombe du Prophète de Dieu dans la chambre personnelle (chouqqa) du Messager de Dieu . 'Omar, Talha et 'Abd Arrahman (le fils d'Abou Bakr) descendirent dans la tombe et y placèrent le corps.


 

Sa description physique


 

Il était blanc de visage, le corps fin, les favoris non fournis, le front proéminent.

 


Ses mérites


 

On rapporte au sujet de ABOU MOUSSA AL ACH ARI(صلى الله عليه و سلم) qu'il dit : "Je serai aujourd'hui le portier du MESSAGER DE DIEU (صلى الله عليه و سلم)".
A ce moment arriva ABOU BAKR (صلى الله عليه و سلم) qui poussa la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : ABOU BAKR ".
Je lui dis : "Attends un peu".
Puis je m'en allai et dis : "Ô MESSAGER DE DIEU! Voilà ABOU BAKR qui demande l'autorisation d'entrer".
Il dit :
"Laisse-le passer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai auprès de ABOU BAKR et lui dis : "Tu peux entrer et le MESSAGER DE DIEU
(AL BOUKHARY ET MOUSLIM) t'annonce le Paradis".

 

Selon Abou Hourayra, le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Celui qui réunit deux bonnes actions au service de Dieu, s'entend appeler à partir des portes du Paradis : "Ô esclave de Dieu! Voilà une bonne chose que tu viens de faire". Celui qui fait partie des pratiquants fervents de la prière est appelé à partir de la porte de la prière. Celui qui fait partie des volontaires fervents à la guerre sainte est appelé à partir de la porte de la guerre sainte.

Celui qui fait partie des pratiquants fervents du jeûne est appelé à partir de la porte dite "du Rayyan" et celui qui fait partie des dispensateurs fervents d'aumônes est appelé à partir de la porte de l'aumône". Abou Bakr (رضي الله عنه) dit : "Ô Messager de Dieu! Que mon père et ma mère te servent de rançon! Il suffit d'être appelé à partir de l'une de ces portes pour être sûr du succès (d'entrer au Paradis)? Est-il possible que quelqu'un soit appelé à partir de toutes ces portes à la fois?"
Il dit :
"Oui et j'ai bon espoir que tu sois l'un d'eux". (Al-Boukhâri, Mouslim)

 

Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Dieu, cela aurait été Abou Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon". (al-boukhâri)

 

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Abou Bakr et Omar seront les guides de tous les hommes adultes au Paradis : du premier au dernier ; sauf les Prophètes et messagers de Dieu". (Tirmidhi, Ibn Mâja, Ibn Sa'd, Ahmad)

 

Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Certes, Abou Bakr, tu seras le premier individu de ma communauté à entrer au Paradis !". (Abou Dawoud et Al Hakim)

 

Houdhayfa (رضي الله عنه) a rapporté que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)

 

'Aïcha (رضي الله عنها) a rapporté que l'envoyé de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Il ne peut être question, lorsqu'Abou Bakr est pr&eacut

Par ADMIN
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Lundi 9 avril 2007

Biographie de Abou Dharr (رضي الله عنه)


Son nom et sa généalogie


 

Jundub Ibn Junadah, surnommé Abou Dharr Al-Ghiffâri, appartenait à la tribu de Waddan.

 

Abou Dharr disait lui-même : "Mon vrai nom est Joundab Ibn Jounada, mais après ma conversion à l'Islam, le Saint Prophète m'a donné le nom de `Abdoullâh, et c'est le nom que j'aime le plus".

 

Les historiens s'accordent pour affirmer qu'Abou Dharr était le fils d'Ibn Qays اaghîr Ibn Hazm Ibn Ghifâr et que sa mère s'appelait Ramla Bint Waqî'a Al-Ghifâriya.


 

Le rejet du polythéisme


 

Lors d'une période de grande famine, les chefs de la tribu de Ghifâr se réunirent pour concerter et réfléchir au moyen de faire face à la terrible situation, due à la longue absence de pluie et dans laquelle les bêtes étaient devenues décharnées et maigres, et les provisions et les stocks épuisés. Dans cette réunion, on se demandait :

"Pourquoi notre dieu (l'Idole Manât) s'est-il fâché contre nous, alors que nous avons prié pour la descente de la pluie, sacrifié des chameaux en offrande et fait tout notre possible pour gagner sa faveur? La saison de pluie arrive à son terme. Pourtant il n'y a pas trace d'un nuage dans le ciel. Il n'y a eu ni tonnerre ni averse ces temps-ci, ni même une goutte de pluie ou une bruine! Que faut-il penser?

Sommes-nous devenus si pervers pour mériter la colère de dieu? Pourquoi se sent-il si en colère contre nous, alors que nous avons offert tant de sacrifices pour lui faire plaisir?"
Les gens se mirent à réfléchir sur le sujet et à échanger leurs vues. Ils pensèrent : "L'homme ne peut rien contre la volonté du ciel. Personne ne peut faire venir des nuages et de la pluie du ciel. Seul "Manât"en est capable.

C'est pourquoi, nous n'avons d'autre alternative que de sortir, hommes et femmes, pour le pèlerinage, afin de prier et d'implorer le pardon de "Manât". Peut-être nous pardonnera-t-il et fera-t-il descendre la pluie pour que la terre redevienne verte après la période de stérilité, notre pauvreté se transforme en prospérité, notre malheur en bonheur et nos difficultés en aisance et confort.
Aussi toute la tribu commença à préparer une journée de prière et un voyage auprès de Manât. Ceux qui dormaient se réveillèrent et accoururent pour installer les litières sur leurs chameaux. Ounays (le frère d'Abou Dhar) enfourcha lui aussi son chameau pour rejoindre la caravane qui se dirigeait déjà vers les côtes de la mer,

Mushalsal et Qadîd qui relient la Mecque et Médine et où se dressait Manât. Ounays cherchant autour de lui son frère et ne le trouvant pas fit s'asseoir son chameau et courut à pied pour voir s'il était resté à la maison. En y arrivant, il cria : "Jundab! Jundab!». Lorsqu'il vit son frère allongé tranquillement sur son lit, il lui dit, étonné :
- N'as-tu pas entendu "l'appel" au voyage?
- Si, mais que dois-je faire lorsque je me sens fatigué et que de plus je n'ai pas envie d'aller en pèlerinage à Manât, répondit Abou Dhar.
- Tais-toi! Demande pardon au dieu. Ne crains-tu pas qu'il t'entende et qu'il envoie sur toi son courroux? le gronda Ounays.
- Mais es-tu sûr que Manât puisse nous entendre et nous voir? lui rétorqua Abou Dhar.
- Qu'est-ce qu'il t'arrive aujourd'hui? Un génie a-t-il eu raison de ton esprit? Ou bien es-tu malade? Viens! Repens-toi. Peut-être dieu acceptera-t-il tes remords, lui dit Ounays.
Voyant Abou Dharr rester dans son lit, son frère le hâta : "Lève-toi. La caravane est partie. La tribu s'éloigne».
Alors que les deux frères discutaient, leur mère arriva. Ils se turent.
- La mère : Mes fils, quelles sont vos opinions?»
- Ounays : A propos de quoi? Mère.
- La mère : A propos de la pluie.
- Ounays : Nous sommes d'accord avec ce que tu suggérerais.
- La mère : Je propose que vous alliez voir votre oncle maternel qui est un homme riche.
- Ounays : D'accord. Comme tu voudras. Que dieu améliore notre condition !
Abou Dharr et Ounays accompagnés de leur mère, se rendirent chez leur oncle. Celui-ci les accueillit avec grande hospitalité. Ils restèrent chez lui pendant longtemps. Le confort et le plaisir y remplacèrent les difficultés et la peine dans lesquelles ils se débattaient jadis. Lorsque les membres de leur tribu apprirent que leur oncle se montrait très bon envers ses deux neveux et qu'il les aimait comme ses propres fils, ils furent pris de jalousie et décidèrent de préparer un plan en vue de le faire se détacher d'eux. Ils réfléchirent ensemble sur les différents moyens de parvenir à leurs desseins perfides, et ils finirent par choisir un homme pour exécuter le plan de leur conspiration. Cet homme alla voir l'oncle d'Abou Dharr et s'assit à ses côtés calmement, la tête baissée. L'oncle d'Abou Dharr lui demanda : "Comment vas-tu?».
L'homme affecta un air triste et dit : "Je suis venu te voir pour une affaire importante. Si je n'avais pas une grande affection et un grand respect pour toi, je ne te dirais rien. Mais ma loyauté m'a obligé à venir pour t'en parler. Je voudrais te réveler ce que tu ignores afin que tu puisses voir toi-même ce qui se passe, car je vois que les faveurs que tu fais à certains sont récompensées par l'ingratitude».
L'oncle d'Abou Dharr sentit que quelque chose allait mal. Il s'inquiéta et dit : "Parle franchement et dis-moi tout».
L'homme dit : "Comment pourrais-je te dire que lorsque tu sors de la maison, ton neveu Ounays, tient compagnie à ta femme et lui parle secrètement. Je ne saurais te dire ce qu'il lui dit».
L'oncle d'Ounays protesta : "C'est une fausse accusation contre lui, et je ne crois pas du tout à ton insinuation».
L'homme répondit : "Nous aussi, nous aurions voulu que ce soit une fausse allégation et une pure calomnie. Mais malheureusement, je suis obligé d'affirmer, que c'est la vérité».
L'oncle d'Ounays lui demanda de lui fournir une preuve à l'appui de cette accusation. L'homme répondit : "Toute la tribu peut en témoigner. Tout le monde l'a vu et a le même sentiment. Si tu le désires, je pourrais te fournir d'innombrables témoignages de ma tribu».
Ayant entendu ces propos, le pauvre oncle commença à penser à son honneur et à son prestige. Il se sentit blessé dans sa dignité.


L'homme sortit de chez lui après lui avoir fait cette révélation abjecte qui laissa sur lui l'effet d'une morsure de serpent.
L'oncle d'Ounays était maintenant convaincu de la véracité de l'accusation. Il fit beaucoup d'effort pour garder son sang-froid et son esprit en paix, mais en vain. Il se sentait, jour et nuit, triste, angoissé et comme saisi d'épouvante. Chaque fois que son neveu se trouvait devant lui, il détournait son visage. Un silence pesant régnait sur toute la maison.
Lorsqu'Abou Dharr remarqua les traits de tristesse envahissant le visage de son oncle, il lui demanda : "Cher oncle! Qu'est-ce qui t'est arrivé? J'ai remarqué que tu as changé depuis quelques jours. Tu nous parles très peu, contrairement à l'habitude, et tu as l'air très pensif et dépressif».
L'oncle répondit : "Il n'y a rien d'anormal».
Abou Dharr insista : "Non, il y a certainement quelque chose. Dis-moi s'il te plaît ce qui ne va pas. Peut-être pourrais-je te débarrasser de tes ennuis ou partager une partie de tes angoisses».
L'oncle dit : "Je ne peux pas décrire ce que les hommes de ma tribu m'ont appris».
Abou Dharr revint à la charge : "S'il te plaît, dis-moi ce qu'ils t'ont rapporté».
Son oncle finit par céder : "Ils disent que Ounays rencontre ma femme quand je sors de la maison».
Ayant entendu ces calomnies, Abou Dharr sentit le sang lui monter au visage et devint rouge de colère : "Tu viens de gâcher toutes les faveurs que tu nous as faites. Nous partirons tout de suite et nous ne te reverrons plus jamais».
Ils quittèrent ainsi leur oncle et s'établirent à "Batn Marwa", près de la Mecque. C'est là qu'Abou Dharr découvrit l'apparition du Prophète dans la ville de la Mecque. Il s'intéressa vivement à cet événement et voulut absolument en savoir plus.

 

Sa conversion (-13 H)

 

Il est la troisième personne dans la liste des quatre pionniers qui ont en premier lieu embrassé l'Islam.

 

Un jour, il demanda à son frère Ounays d'aller à la Mecque et de trouver des renseignements sur le Prophète.

 

Ounays était sur le point de partir pour la Mecque lorsqu'on vit venir un homme qui se dirigea directement vers la maison d'Abou Dhar.
"D'où viens-tu?» lui  demanda Abou Dhar.
"Je viens de la Mecque», répondit l'homme. "Quelle est la situation là-bas?», demanda encore Abou Dhar.
"On y parle d'un homme qui se dit être Prophète et recevoir des révélations du ciel» dit l'homme.
Abou Dharr poursuivit : "Qu'ont fait les Mequois de lui?».
"Ils l'ont démenti, torturé et ils ont mis les gens en garde de le rencontrer. Ils menacent et terrorisent quiconque le voit», répondit l'homme.
"Pourquoi les gens ne le croient-ils pas?» interrogea Abou Dhar.
"Comment le croiraient-ils alors qu'il vilipende leurs dieux, les traitent de stupides et qualifie leurs ancêtres de pervers!», répondit l'homme.
"Il dit cela vraiment?» demanda Abou Dharr intéressé.
"Ah oui. Et il dit que Dieu est Un...», confirma-t-il.
Abou Dharr se mit à réfléchir à propos de l'homme qui avait dit que Dieu est UN. Il continua à penser pendant un certain temps. Le visiteur le regarda et le trouvant pensif, il prit congé et partit.
Après son départ, Abou Dharr s'adressant à son frère, lui dit : "Va à la Mecque et essaie de trouver cet homme. Il affirme qu'il reçoit des révélations du Ciel. Quel est le mode de sa conversation? Vois s'il est sincère ou non dans ses paroles».

 

Ounays entreprit le voyage. Après avoir traversé différentes stations, il arriva à la Mecque et se dirigea vers la Ka`bah pour accomplir les rites de pèlerinage. Lorsqu'il sortit de la Ka`bah, il vit un attroupement. Il demanda à un homme qu'il croisa : "Qu'est-ce qu'il y a là?».
L'homme répondit : "Un apostat qui appelle les gens à une nouvelle foi».
Dès que Ounays entendit ceci, il accourut vers le lieu de rassemblement. Une fois sur place, il vit un homme dire : "Louanges à Dieu! Je fais Ses louanges et Lui demande secours. Je crois en Lui, je dépends de Lui et j'atteste qu'il n'y a de Dieu, en dehors de Lui, IL est sans partenaire». 

 

Selon le récit d'al-Subaytî, Ounays entendit cet homme proclamer : "Ô gens! Je vous ai apporté les bénédictions de ce monde et de l'autre monde. Dites qu'il n'y a pas de dieu, sauf Dieu pour que vous soyez délivrés. Je suis le Messager de Dieu et je suis envoyé pour vous. Je vous mets en garde contre la punition du Jour du Jugement.


Rappelez-vous que personne ne sera sauvé, en dehors de ceux qui se présentent devant Dieu avec un coeur humble. Ni les riches ne vous seront d'aucun secours, ni vos enfants ne pourront rien pour vous. Craignez Dieu, IL sera bon envers vous. Ô gens! Ecoutez-moi! Je dis clairement que vos ancêtres avaient dévié du droit chemin en adorant ces idoles et vous aussi vous êtes en train de suivre leurs traces. Rappelez-vous que ces idoles ne peuvent ni vous nuire ni vous être utiles. Elles ne peuvent ni vous arrêter ni vous guider».

 

Ounays fut étonné par le discours éloquent du Prophète (ا), mais il fut aussi surpris d'entendre les gens autour de lui tenir différents propos contre le Messager de Dieu.
Celui-ci ayant entendu ces attaques, dit : "Les Prophètes ne mentent pas. Je jure par Dieu en dehors Duquel il n'y a pas de dieu, que j'ai été envoyé pour vous comme Messager. Par Dieu vous mourrez comme si vous dormiez et vous serez ressuscités comme si vous vous réveilliez. Vous serez rappelés par Dieu pour rendre des comptes sur vos actes. Après quoi, vous entrerez éternellement, selon le verdict, en Enfer ou au Paradis».

 

Puis, il enfourcha son chameau et repartit. Il continua à penser à Mohammad (ا), le Prophète de Dieu, tout au long du voyage, et à se rappeler son discours jusqu'à ce qu'il rejoignît Abou Dhar.

 

Dès que ce dernier le vit, il lui demanda avec enthousiasme et impatience : "Qu'as-tu vu à la Mecque?»
"J'ai vu un homme, rapportait Ounays, qui appelait les gens à la noblesse de caractère. Ce qu'il dit n'est pas de la poésie.
- "Que disent les gens à son sujet" ? demanda Abou Dhar.
- "Ils disent qu'il est magicien, voyant et poète".
- "Ma curiosité n'est point satisfaite. J'ai besoin d'en savoir plus sur la mission de ce Prophète. Veux-tu prendre soin de ma famille pendant mon absence"?
- "Oui. Mais prends garde aux Mecquois".

 

Dès son arrivée à la Mecque, Abou Dharr ressentit une appréhension. Il décida, par conséquent, d'agir avec précaution. les Quraïshites étaient vraisemblablement courroucés par la remise en cause de leurs dieux. Abou Dharr était au courant de leur violence à l'égard des disciples du Prophète (صلى الله عليه و سلم), aussi n'eut-il pas de surprise en arrivant. Il se retint également d'interroger quiconque sur le compte de Muhammad, ne sachant distinguer l'ennemi du fidèle.

 

A la tombée de la nuit, il s'allongea dans la Mosquée sacrée. `Alî Ibn Abî Talib voyant qu'il était étranger lui offrit l'hospitalité. Au matin, Abou Dharr retourna à la Mosquée après avoir récupéré sa poche d'eau et son sac. Il ne posa aucune question et on ne lui en posa aucune.

 

Le jour suivant, Abou Dharr n'apprit rien de plus sur le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Le soir, alors qu'il se préparait à dormir dans la Mosquée, `Alî passait de nouveau par là. Il lui dit : "N'est-ce pas l'heure pour un homme de rentrer chez soi ?"
Abou Dharr accepta son invitation et passa sa seconde nuit chez `Alî . Une fois de plus, personne n'interrogea l'autre sur quoique ce soit.
Toutefois, au bout de la troisième nuit, `Alî lui demanda :
- "Ne vas-tu pas me dire ce qui t'amène à la Mecque" ?
- "A la condition que tu promettes de me conduire à ce que je cherche".
`Alî promit, alors Abou Dharr lui dit :
- "Je suis venu de loin afin de rencontrer le nouveau Prophète (صلى الله عليه و سلم) et écouter ce qu'il a à dire".
Le visage d'`Alî s'illumina de joie, puis il s'exclama :
- "Par Dieu, il est véritablement le Messager de Dieu !"
Il parla du Prophète (صلى الله عليه و سلم) et de ses enseignements. Il ajouta enfin :
 - "Quand nous nous lèverons demain matin, suis-moi où que j'aille. Si je sens un danger, je m'arrêterai comme si je voulais uriner. Si je continue à marcher, suis-moi et entre là où j'entrerai".
Abou Dharr ne ferma pas l'œil de la nuit, tellement il était impatient de voir et d'écouter le Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui). Le lendemain matin, il suivit de près `Alî , jusqu'à ce qu'ils se retrouvent en présence du Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu sur lui).
- "Que la paix soit sur toi, Ô Messager de Dieu", salua Abou Dhar.
- "Et sur toi la paix de Dieu, Sa miséricorde et Ses bénédictions", répondit le Prophète (صلى الله عليه و سلم).

 

Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) l'accueillit donc et l'invita à l'Islam en lui récitant quelques versets du Coran. Rapidement, Abou Dharr prononça l'attestation de foi et adopta la nouvelle religion sur le champ.


 

Son prêche à la Mecque


 

Il raconte : "Après ma conversion, je suis resté avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) afin de me former à l'Islam et d'apprendre à lire le Coran. Il me dit :
-
"Ne parle à personne ici de ton adhésion à l'Islam. Ils te combattraient".
- "Par celui qui détient mon âme entre ses mains, je ne quitterai pas la Mecque sans me rendre à la Mosquée sacrée et proclamer la Vérité au milieu des Quraïshites" jurais-je.
Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) se tut. J'allais donc à la Mosquée où les Quraïshites étaient assemblés en pleine discussion. Je me mêlais à eux et criais du plus fort que je pus : "Ô gens des Quraïshites, je témoigne qu'il n'y a d'autre Dieu que Dieu et que Muhammad est son Messager".

Mes mots eurent un effet immédiat sur eux. Ils sautèrent sur leurs jambes et s'exclamèrent : "Attrapons-le, lui qui a abandonné sa religion".
Ils bondirent sur moi et me frappèrent sans merci. Ils avaient clairement l'intention de me tuer. Toutefois, Al-'Abbâs Ibn Abdulmuttalib, l'oncle du Prophète (صلى الله عليه و سلم), me reconnut. Il se pencha sur moi pour me protéger de leurs coups. Il leur dit : "Malheur à vous ! Voulez-vous tuer un homme des Ghifar, alors que vos caravanes passent par leur territoire ?"
Là seulement, ils me relâchèrent. Je retournais chez le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Lorsqu'il vit mon état, il dit :
"Ne t'avais-je pas dit de garder le secret sur ta conversion" ?
- "Ô Messager de Dieu, dis-je. Mon âme avait besoin de s'exprimer, alors je l'ai laissée s'exprimer".
-
"Va trouver ton peuple, ordonna le Prophète (صلى الله عليه و سلم). Dis-leur ce que tu as vu et entendu. Invite-les à Dieu. Peut-être Dieu les comblera de bien par ton entremise et te récompensera à travers eux. Le jour où tu entendras que je me suis fait connaître ouvertement, alors viens à moi".


 

Le prêche à sa famille


 

Il raconte : Je quittai la ville et retournai vers mon clan. Mon frère m'interrogea : "Qu'as-tu fait ?"
Je lui expliquais que j'étais devenu musulman et je croyais désormais à la vérité des enseignements de Mouhammad. Il me répondit : "Je ne suis pas opposé à ta religion. De fait, je suis moi aussi musulman et croyant".
Tous deux, nous allâmes chez notre mère afin de l'inviter à l'Islam. Sa réponse fut : "Je n'ai rien contre votre religion. J'accepte également l'Islam".


 

Le prêche dans sa ville


 

La nuit tomba. Alors qu'ils étaient allongés sous leurs tentes pour se remettre de leur fatigue due au voyage, ils entendirent quelques hommes de leur tribu qui se trouvaient là se raconter des histoires et relater différents événements. Ils étaient occupés à d'interminables conversations.
Lorsqu'Abou Dharr tendit l'oreille pour savoir de quoi ils parlaient, il comprit qu'il était le sujet de leur discussion. Par la suite, ces hommes se levèrent et se dirigèrent vers sa tente. Abou Dharr dit à son frère Ounays : "Les hommes de la tribu s'approchent de notre tente. Sors pour les voir».
Ounays sortit tout de suite. Il vit quelques jeunes hommes de sa tribu rassemblés là. Ils se dirigèrent vers lui. Ils le saluèrent. Après avoir répondu à leur salutation, Ounays leur demanda le motif de leur visite. Ils répondirent : "Nous sommes venus simplement pour vous voir tous les deux».
Ounays rentra dans la tente et dit à Abou Dhar : "Les jeunes de la tribu sont venus pour en savoir plus sur notre voyage». Abou Dhar dit : "Fais-les entrer. Je vais leur parler. Peut-être réussirais-je à en faire des adorateurs de Dieu, l'Unique.
Ounays ressortit et dit aux jeunes : "Entrez! Mon frère Abou Dharr vous attend».
Ils entrèrent tous. L'un d'eux dit : "Ô Abou Dhar! Nous ne t'avons pas vu depuis longtemps, ce qui nous a beaucoup attristés».
Abou Dharr dit : "Chers jeunes gens! J'ai beaucoup d'affection et de sympathie pour vous dans mon coeur».
- Un jeune homme : Abou Dhar! Où étais-tu depuis si longtemps? Nous ne pouvions pas te joindre depuis quelque temps.
- Abou Dhar : J'étais allé à la Mecque. J'en suis revenu depuis quelques jours.
- Un autre homme : Nous sommes contents que tu sois allé à la Mecque.

- Abou Dhar : Je suis allé à la Mecque, mais je n'y ai évidemment pas offert de sacrifice à Hubâl ni ne me suis prosterné devant "Lât" et "`Uzzâ". Chers jeunes gens! Pourquoi aurais-je fait de telles cérémonies devant ces idoles qui n'ont pas de vie et qui ne peuvent faire ni de bien ni de mal à personne? Elles ne peuvent ni voir ni entendre, ni parer à une calamité qui s'abattrait sur elles. Ecoutez-moi bien! Je recours à Dieu dans toutes mes actions et affaires. IL est certainement Unique et sans égal ni partenaire. J'atteste que Dieu est le Seul à être digne d'adoration. IL est le Créateur de toutes choses et le Nourricier de toutes les créatures. Je vous demande donc de vous joindre à nous dans notre plan d'action et de reconnaître l'Unicité de Dieu comme nous».
En entendant ce discours inouï, tout le monde se mit à trembler. L'un des visiteurs dit avec étonnement : "Ô Abou Dhar! Que dis-tu là?!».
Abou Dharr reprit : Ecoutez bien ce que je vais vous dire. Bien que je ne puisse voir Dieu avec mes yeux, je Le vois partout avec mon oeil intérieur.

On peut Le voir à travers toutes les choses dans le monde. Réfléchissez bien! Comment un objet peut-il être digne de faire l'objet de l'adoration de l'homme, alors qu'il est fait avec les mains de l'homme? Il n'est pas raisonnable d'adorer des idoles faites de pierre et de bois, et de les implorer de satisfaire nos besoins! Chers frères! Vous n'êtes pas sans savoir que ces idoles n'ont aucun pouvoir. Elles ne peuvent ni éloigner un malheur ni apporter le bien».

 

Une fois ces exhortations d'Abou Dharr terminées, les jeunes gens échangèrent des propos à voix basse puis prirent congé.


 

Le prêche au chef de sa tribu Khafâf


 

Le chef de la tribu averti par ces jeunes dépêcha son esclave chez Abou Dharr pour le faire venir chez lui. En arrivant à destination, l'esclave dit : "Abou Dharr et Ounays sont convoqués chez le chef».

 

Abou Dharr l'informa qu'il pensait justement aller le voir. Après le départ de l'esclave, Abou Dharr s'arma de son épée et dit à son frère : "Allons voir Khafâf».
Ounays observa : "Frère! J'ai entendu de mauvaises choses sur toi par les gens. Je crains que cette rencontre soit inopportune. Quelque chose d'imprévu peut se produire».
Abou Dharr lui répondit : "Non! Cela n'arrivera pas. Je connais Khafâf très bien. C'est un homme sage. Dieu l'a doué de raison. Il est le plus intelligent de toute notre tribu».
Les deux frères sortirent et se dirigèrent vers la résidence de Khafâf en discutant.

 

Une fois arrivés à destination ils virent les notables de la tribu, assis en cercle autour du chef. S'adressant à l'assemblée, Abou Dhar salua : "Que la paix soit sur vous».

Les notables furent offusqués par la salutation islamique d'Abou Dhar, et furieux, ils lui dirent : "Qu'est-ce que cette salutation qu'on n'a jamais entendue avant?!».
L'un des notables ajouta : "C'est triste! Nous ne savons pas de quel côté va  Abou Dhar».
Un autre reprocha : "Regardez! Il est assis avec son épée. Il n'a pas de respect pour le chef».
Un troisième homme rectifia : "Tu as raison! Mais il est un cavalier de la tribu et les guerriers sont toujours armés.».
Abou Dharr intervint : "Ecoutez-moi! Je vous respecte parce que vous êtes les nobles de la tribu. Nous sommes fiers de vous et nous vous tenons en estime. La salutation que je vous ai adressée est introduite par l'Islam».
Ensuite, Abou Dharr et Ounays prirent place juste devant le chef de la tribu, Khafâf. Celui-ci commença à parler sur un ton correct mais vif : "Ô Abou Dhar! J'ai appris que tu as été amené à adorer Dieu, Qui est Invisible. Les notables de la tribu sont choqués par cette attitude. Ils disent que tu insultes leurs dieux et prétends qu'ils sont des objets dépouillés de toute sagesse.

Ô Abou Dhar! Nous te respectons, mais cela ne signifie pas que nous soyons enclins à tolérer qu'on insulte nos dieux. Je te demande de te défaire de tes idées nouvelles et de revenir à ta religion ancestrale, ou à défaut, de m'expliquer ta nouvelle foi afin que je puisse comprendre sa vérité. En retour, je te promets de l'accepter, si tu arrives à nous démontrer qu'elle est raisonnablement meilleure que la nôtre».
Abou Dharr répondit : "O, Chef de notre tribu! Nous te respectons et t'honorons, quoi que tu dises. Mais en même temps, nous voudrions t'expliquer que Dieu, l'Unique, que nous avons décidé d'adorer et en Qui nous croyons, est Celui-là même qui a créé le ciel et la terre, Qui donne subsistance à toutes les créatures,

Qui contrôle la vie de tous objets animés et Dont le Pouvoir est illimité. Les idoles que nous adorions jusqu'à maintenant ont été fabriquées avec nos mains et à l'aide de nos ciseaux et marteaux. Est-il raisonnable de penser que celui que nous avons fabriqué avec nos mains puisse être notre créateur, notre nourricier et l'auditeur de nos prières? L'homme est le plus noble de toute la création. Comment sa dignité permet-elle qu'il incline la tête devant une pierre? Chef! Pense, s'il te plaît, sans passion à ce que je dis.

Ces idoles n'ont pas le pouvoir même de se protéger de leurs ennemis. Ecoute-moi, Ô Chef! Un jour je suis allé auprès de Manât et je lui ai offert un verre de lait. Alors que j'étais encore là, un renard est venu. Il but le lait et urina sur Manât. Cet incident eut un grand effet sur moi, et je me suis dit comment un dieu peut être à ce point sans défense! Cela m'a montré clairement que Manât ne saurait être un dieu.


Je suis sûr que tout homme raisonnable pensera que le Créateur du ciel est supérieur au ciel, et que le Fondateur de la terre est meilleur que la terre. Conformément à ce raisonnement, les idoles ne peuvent être meilleures que nous, et n'étant pas supérieures à nous, il est insensé pour nous de les adorer. Ô Chef! Je suis arrivé à la vérité que Dieu l'Unique est le Créateur et le Nourricier de tout l'Univers, et que Mouhammad al-Mustafâ qui a été envoyé à la Mecque est Son Messager. Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) possède de telles hautes qualités que personne dans le monde ne peut l'égaler. Les Quraych qui sont ses pires ennemis admettent sa sincérité, sa véracité et ses qualités.


Bien qu'ils sachent parfaitement que Mouhammad est contre leurs dieux et leur religion, ils l'ont surnommé al-Sâdiq al-Amîn (le Véridique, le Sincère), comme je viens de l'apprendre dernièrement. ةcoutez! La lumière rayonne de son visage et la sagesse découle de ses mots».
Dès qu'Abou Dharr termina son discours, un vacarme s'éleva de partout. "Quel gentil discours fait Abou Dhar, là! Nos dieux sont donc des sourds-muets! Abou Dhar a insulté notre foi et humilié nos dieux».
Quelques-uns dans l'assistance prirent la défense d'Abou Dhar : "Nos amis! Ne dites pas de bêtises. Nous disons sincèrement que tout ce qu'Abou Dharr a dit nous semble juste, et la raison nous commande d'accepter la vérité. Nous sommes sûrs que nous ne pouvons avoir meilleure guidance que celle qu'Abou Dharr nous a apportée».
Une autre voix s'éleva : "L'Arabie a besoin d'un réformateur et personne ne s'avère être meilleur réformateur que celui que nous a présenté Abou Dhar».

Une autre voix encore approuva : "Le discours d'Abou Dharr est très raisonnable».
Puis une voix très forte s'éleva, perçant les tympans des oreilles : "Ô Abou Dhar! J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et que Mouhammad est Son Messager!».
Constatant ces différentes opinions, Khafâf, le chef de la tribu, après mûre réflexion, leva la tête et dit : "Chers hommes de la tribu! Ecoutez-moi bien attentivement! Vous avez entendu tout ce qu'Abou Dharr a dit. Il est de notre devoir de réfléchir à son discours très soigneusement et de voir quelle part de vérité il contient. La précipitation est déconseillée. Il serait insensé de rejeter les suggestions de quelqu'un avant de les avoir examinées. Mes amis! Vous êtes conscients de la confusion dans laquelle nous sommes plongés et des crimes dans lesquels nous sommes impliqués.


Les riches exploitent les pauvres et il n'y a pas de limites aux péchés et au mal que nous commettons. Je suis arrivé à la conclusion que je doive accepter et épouser ce qu'Abou Dhar dit. Maintenant, il vous appartient de former votre opinion vous-mêmes. Ecoutez-moi tous : J'atteste qu'il n'y a de dieu que Dieu et j'atteste que Mouhammad est Son Messager».


 

Le prêche  sur 'Asfân


 

Après avoir infusé l'esprit de l'Islam dans la tribu de Ghifâr, Abou Dharr concentra son attention sur 'Asfân. Arrivant à cet endroit, il prêcha l'Islam aux gens.

Etant donné que cette région constituait un passage très fréquenté par les Quraych et qu'Abou Dharr éprouvait un sentiment de malaise envers ces derniers en raison des tortures qu'ils lui avaient fait subir, il mit un peu de rigueur pour les faire se convertir à l'Islam. Lorsqu'un groupe de Quraych arriva à cet endroit, il lui présenta l'Islam et un grand nombre de ce groupe embrassa la nouvelle Foi.


 

Le début de l'émigration des musulmans vers Médine


 

Ounays apporta à son frère Abou Dharr ces bonnes nouvelles et lui dit : "L'Islam s'est répandu à Médine. Les Aws et les Khazraj ont embrassé l'Islam!».
Abou Dharr annonça : "Le Messager de Dieu ira très bientôt les rejoindre et émigrera à Médine».
Ounays regarda, d'un air surpris, son frère et lui demanda : "T'a-t-on déjà apporté cette information?».
Abou Dharr répondit : "Non, Pas plus que je ne savais rien jusqu'à ton arrivée, de la conversion des habitants de Yathrib (Médine) à l'Islam».
- Ounays : Mais alors, comment sais-tu que le Messager de Dieu émigrera à Yathrib?
- Abou Dhar : Il m'avait dit, le jour même où je l'avais vu pour la première fois, qu'il irait à une ville de dattiers, et je pense que cette ville est Yathrib. Le Prophète avait dit la vérité.
- Ounays : Est-il possible que sa tribu (les Quraych) le laisse partir avec les Musulmans sans penser qu'il reviendrait avec une armée pour l'attaquer?
- Abou Dhar : Les Quraych pourraient le laisser ou ne pas le laisser partir, peu importe. Mais lui en tout cas, il émigrera bientôt à cette ville. Evidemment, Seul Dieu sait quand et comment cela arrivera.


 

L'attente du Prophète (صلى الله عليه و سلم) sur le chemin de Médine


 

Lorsque les Ghifâr apprirent que le Saint Prophète était sur la route de Médine venant de la Mecque, ils furent très heureux. Abou Dharr sentit venir une vague de bénédiction vers les Musulmans. Il attendait avec impatience, comme les autres membres de sa tribu, l'arrivée du Saint Prophète à Médine.

Les gens se rassemblèrent autour de lui pour lui poser des questions sur le Messager de Dieu, son tempérament, son visage etc. Il leur répondait : "Vous allez le voir très prochainement. Il est le meilleur de tous et dépasse toute l'humanité dans ses mérites».


 

L'accueil du Prophète (صلى الله عليه و سلم)


 

Abou Dharr se lança sans tarder vers le chameau du Messager de Dieu et en attrapa les rênes».

 

Le Saint Prophète descendit du chameau et récita le Saint Coran. Sa voix pénétra tout de suite les coeurs des masses qui l'attendaient impatiemment. Puis, il commença à prêcher. Les gens s'avancèrent par fournées vers lui pour prêter serment d'allégeance. Abou Dharr était débout tout près du Saint Prophète, et ressentait une fierté et une joie indescriptibles.


 

L'émigration vers Médine


 

Abou Dharr qui n'avait pas pu l'accompagner à Médine resta dans sa tribu si longtemps qu'il ne put participer aux trois grandes batailles de l'Islam : la bataille du Badr en l'an 2 de l'Hégire, de Ouhoud en l'an 3 et d'al-Ahzâb en l'an 5.

 

Après la bataille d'al-Ahzâb, un verset coranique fut révélé qui conduisit Abou Dhar à partir pour Médine. En effet, un jour, alors qu'il faisait les récitations de l'après-prière du Maghrib dans la mosquée de sa ville, il entendit un homme réciter le verset : "Ô vous les Croyants! Vous indiquerai-Je un marché qui vous sauvera d'un châtiment douloureux?" (61/10). Ayant réfléchi sur la signification de ce verset, il fut soucieux du Jihâd (Guerre Sainte), et il dit à Ounays : "Je partirai à Yathrib demain».
- Ounays : C'est bien! Vas-y. Que Dieu t'y conduise sain et sauf! Mais dis-moi quand comptes- tu revenir?
- Abou Dhar : Je ne reviendrai pas. Je consacrerai le reste de ma vie au service du Saint Prophète.
- Ounays : Ô frère! Tu es devenu un vrai croyant et la foi semble avoir pénétré ton coeur et ton âme. Ta tribu et les tiens ont énormément besoin de toi ici. Ton départ représentera une grande perte pour nous. Je crois donc que tu devrais renoncer à ton projet de partir pour Médine, et passer ta vie avec nous.
- Abou Dhar : Le Saint Prophète est meilleur que les gens d'ici. J'ai déjà manqué trop à de devoirs : Le Saint Prophète a livré la Bataille de Badr, et je n'ai pas pu y assister. Il a combattu à Ouhoud et je n'ai pas pu l'y joindre.


Il s'est engagé dans la Campagne d'al-Ahzâb et je n'ai pas pu être à ses côtés. Jusqu'à quand devrais-je être au service de ma tribu en me privant des bénédictions découlant du martyr? Ce que j'ai fait jusqu'à maintenant est largement suffisant. A présent, je ne suis pas disposé à renoncer, même l'espace d'une fraction de seconde, à mon idée de partir pour Yathrib.
- Ounays : A mon avis, tu devrais rester chez toi comme d'habitude. Le Saint Prophète t'appellera lui-même lorsqu'il aura besoin de toi. Réfléchis! Il y avait beaucoup de personnes qui étaient dans leurs maisons et qui sont parties vers Médine lorsque le Saint Prophète les a appelées.
- Abou Dhar : Le délai d'attente est écoulé. Même si le Prophète ne m' appelle pas, j'ai quand même une obligation dont je dois m'acquitter, et cela sans attendre que l'on m'y convie. Je n'attendrai plus, j'irai sans invitation.
- Ounays : D'accord! Mais pas de précipitation. Prends les provisions nécessaires pour le voyage.
- Abou Dhar : Je n'ai besoin d'aucune provision. Quelques morceaux de pain sec me suffiront. Abou Dharr abandonna ainsi terre et maison pour gagner Médine.

 

Une fois arrivé à destination, il eut l'honneur de rejoindre le Prophète et de rester en sa compagnie.

 

Il avait l'habitude de passer toute la nuit à la Mosquée du Prophète et de rencontrer les gens pendant la journée. Il mangeait avec le Prophète (صلى الله عليه و سلم) et il ornait sa vie matérielle de piété et de vertu. Il se consacrait pleinement à l'apprentissage de Hadith (Tradition du Saint Prophète) par coeur. Après son arrivée à Médine,

Abou Dharr était tombé malade à cause du changement de climat. Le Saint Prophète apprit la nouvelle de sa maladie et vint le voir.
Il lui dit : "Abou Dhar! Tu dois rester quelques jours à l'extérieur de Médine, là où les chameaux, les moutons et les chèvres du Trésor public broutent. Et prends note que tu ne dois manger comme aliment que du lait pendant ton séjour à cet endroit».
Aussitôt qu'il reçut cet ordre du Prophète (صلى الله عليه و سلم), Abou Dharr partit avec son épouse pour l'endroit désigné. Sa maladie fut dure à supporter pendant quelques jours, mais peu à peu il recouvra sa santé, ce qui lui permit de consommer son mariage avec son épouse.


 

La bataille de Taboûk (9 H)


 

Au moment du départ de l'armée des Musulmans vers la Bataille de Taboûk, Abou Dhar se trouvait aux côtés du Prophète. Mais son chameau étant trop faible et trop maigre, il ne put pas aller à la même allure que la caravane. Il réussit quand même à marcher sur la trace de celle-ci, mais avec un retard d'une distance de trois jours de voyage. Il fit tout son possible pour rejoindre la caravane mais sans succès. Il se sentit très affligé de ne pas pouvoir se joindre aux troupes.

 

Selon une autre version, lorsque Abou Dharr fut resté derrière la caravane, quelqu'un attira l'intention du Prophète sur la difficulté qu'il avait rejoindre les troupes. Le Saint Prophète répondit : "Laisse-le se débrouiller tout seul. Il réussira si Dieu le veut». Ainsi la caravane avança, laissant Abou Dharr dans la perplexité et l'anxiété. Parfois, il pensait parfois revenir à Médine, et parfois il se disait qu'il fallait à tout prix parvenir à Taboûk, car l'idée de rester loin du Prophète le tourmentait.

Il pressait son chameau avec excitation pour qu'il avance, mais ce dernier n'avançait pas à cause de sa faiblesse. Constatant qu'il était inutile d'essayer de forcer son chameau fatigué d'avancer, il en descendit et le déchargea pour porter lui-même ses bagages sur son propre dos et il se mit à marcher à pied.


Comme il faisait très chaud à cette saison, il avait, tout le temps, une soif terrible et insupportable. Aussi se mit-il à la recherche d'eau. Lorsqu'il aperçut un peu d'eau de pluie au fond d'une fosse, il y accourut, et sans perdre un moment, il y en puisa dans le creux de sa main pour désaltérer. Mais l'eau était si fraîche qu'il pensa subitement qu'il ne convenait pas d'en boire avant que le Saint Prophète ne le fasse. A cette idée, il rejeta l'eau de sa main pour remplir une aiguière afin de l'apporter au Saint Prophète.

 

Malgré sa soif et son épuisement extrêmes, il continua seul sa route en portant précieusement l'outre remplie d'eau. Lorsqu'il arriva à la frontière de Taboûk les Musulmans l'aperçurent et informèrent le Prophète de l'arrivée d'un voyageur sinistré.

Le Prophète dit sur-le-champ : "C'est mon compagnon Abou Dhar. Allez vite me l'amener». Entendant cet ordre du Prophète, les compagnons s'exécutèrent et emmenèrent Abou Dharr auprès du Messager de Dieu.

 

Après s'être enquis de sa santé, le Prophète lui demanda : "Ô Abou Dhar! Tu as de l'eau sur toi. Pourquoi donc, tu as l'air tellement assoiffé?».
- Abou Dhar : Certes, Maître, l'eau est là, mais je ne peux pas en boire.
- Le Prophète : Et pourquoi cela?
- Abou Dhar : Ô Seigneur! Sur mon chemin, j'ai trouvé de l'eau fraîche au pied d'une colline, mais ma conscience ne m'a pas permis d'en boire avant toi. C'est pourquoi je l'ai apportée pour toi. J'en boirai une goutte après que tu en auras bu.
Le Saint Prophète lui fit alors cette prédiction : "Ô Abou Dhar! Dieu te couvrira de Sa Miséricorde. Tu vivras et tu quitteras ce monde seul. Tu seras ressuscité seul le Jour du Jugement. Tu entreras dans les cieux seul. Un groupe d'Irakiens seront bénis grâce à toi, car, après, ta mort, ils te laveront, t'envelopperont dans un linceul, et prieront sur toi».


 

Après la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم), il quitte Médine pour la Syrie


 

A la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم), la douleur empêcha Abou Dharr de rester à Médine. Il se retira alors dans le désert syrien, où il vécut pendant les califats d'Abou Bakr et Umar.


 

Il retourne près de Médine pendant le califat de 'Othmân


 

Il se trouvait à Damas durant le califat de 'Othmân. Il fut attristé et consterné de voir le désir des musulmans pour ce monde et leur goût du luxe. 'Othmân l'invita à Médine. De même, il désapprouvait la soif des musulmans pour les biens et les plaisirs matériels. Ses coreligionnaires le critiquaient, d'ailleurs, pour les insultes qu'il proférait à leur égard. 'Othmân lui suggéra alors de se rendre à Rubdhah, un petit village près de Médine. Il s'y isola des gens, renonçant à leurs préoccupations terrestres.

 

Sa mort (32 H.)


 

En l'an 32 de l'Hégire, Abou Dharr mourut à Rabdha.

 

Abdallah ben Massoûd présent au fin fond du désert à son enterrement relata l'évènement de TAbouk (9 H) et dit " 20 ans après TAbouk, la prophétie du Prophète (saw) s'est révélée. En effet, le Prophète (saw) avait dit : "Tu es celui (Abou Dhar) qui marche seul, qui mourra seul et qui sera ressuscité seul ".

 


Ses mérites


 

Le Messager de Dieu (صلى الله عليه و سلم) a dit : "Le ciel n'a pas ombragé, ni le monde n'a porté une personne plus droite qu'Abou Dhar. Il marche sur terre avec l'attitude immatérialistique de Jésus, le fils de Marie". (at-tirmidhi, Ahmad, al-Hakim, Ibn Sa'd, Al-Haythani)

 

Le Prophète avait dit : "Abou Dharr est l'homme le plus véridique de la nation».

 

Ou encore :"Abou Dharr est pareil au Prophète 'Isâ (Jésus) par son ascétisme», et "Celui qui voudrait connaître l'austérité et la modestie de 'Isâ, devrait aller voir Abou Dhar».

Il est écrit dans Tabaqât Ibn Sa'd qu'un jour, le Saint Prophète demanda à un groupe de compagnons : "Qui parmi vous viendra me voir auprès de Kawthar dans la même condition dans laquelle je l'aurai laissé?».
Abou Dharr répondit : "Moi!».
Le Prophète acquiesça : "Tu as raison, c'est-à-dire tu mourras dans le même état de foi dans lequel je t'aurai laissé».
Par ADMIN
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